samedi 28 novembre 2020

Service civique: un nouveau poste

 Dastum 44 ouvre un poste à une personne en service civique pour une durée de six mois à partir de janvier prochain.

En résumé : La mission proposée par Dastum 44 s'inscrit dans ses objectifs de valorisation du patrimoine culturel immatériel de Bretagne. Les tâches confiées sont: l'accueil du public, la numérisation et la documentation d'archives sonores ou écrites, avec un travail plus suivi sur l'inventaire d'un fonds documentaire particulier.

Si vous êtes concerné(e) ou connaissez une personne intéressée vous pourrez obtenir toutes les informations en téléchargeant ce document

fiche service civique




jeudi 26 novembre 2020

Messagerie: nouvelle adresse

 Désormais, pour contacter Dastum 44, une seule adresse:

Dastum44@orange.fr

Notez la bien dans vos messageries, vos bloc-notes, vos sites, vos répertoires...et partout où ça peut être utile. Notre adresse de messagerie vient de changer; l'ancienne adresse n'est plus du tout opérationnelle.

Dans ces temps où communiquer n'est déjà pas si simple, mieux vaut avoir le bon lien pour rester en contact avec votre asso préférée. Alors, on se le redis encore une fois, maintenant pour tous vos messages c'est:

Dastum44@orange.fr


lundi 23 novembre 2020

Abel Soreau, collecteur de chansons

Le musée du Vignoble nantais a mis en ligne la conférence sur Abel Soreau, collecteur de chansons en Pays Nantais, que nous avions faite en mars 2019 :  https://www.youtube.com/watch?v=ZX0BTUgIW8E

Depuis cette date, les recherches effectuées notamment par Hugo Aribart et Hervé Dréan ont permis de compléter de nombreuses informations et d'en corriger d'autres : le personnage, sa vie, son œuvre de musicien, la connaissance de ses collectes et de son réseau d'informateurs.  La conférence que nous ferions aujourd'hui serait donc sensiblement différente.

Elle avait été programmée avec d'autres partenaires mais les restrictions sanitaires nous ont déjà contraints à la reporter deux fois. Dès que le brouillard qui entoure en ce moment nos activités se sera dissipé, nous vous informerons de la nouvelle programmation. Vous pourrez ainsi découvrir bien des aspects inédits d'Abel Soreau et de son travail et poser toutes les questions que vous souhaitez.

Notre objectif principal reste la sortie en 2021 d'un ouvrage reprenant l'ensemble de ses collectes. De son vivant, Abel Soreau avait publié six cahiers de dix chansons du Pays Nantais. Il en reste plus de deux cents inédites. Leur publication constituera un événement majeur dans le domaine du patrimoine culturel immatériel.

A bientôt. Surveillez notre calendrier.

dimanche 22 novembre 2020

361 - Ma Louison

 Entre « toute peine mérite salaire » et « chose promise chose due » cette chanson est un nid à proverbes. L'histoire est bien connue et son déroulement n'apporte aucune surprise. Si ce n'est que la version que nous vous proposons à un léger goût d'inachevé. Voilà pourquoi nous la traiterons un peu comme ces histoires dont vous êtes le héros, où on vous laisse choisir la suite. Il est vrai que les chansons de bergères, que la tradition a conservé par dizaines, offrent souvent des alternatives : amoureux comblé, monsieur moqué ou rabroué. Voyons comment celle-ci hésite sur son dénouement.

Pour écouter la chanson et lire la suite :

dimanche 15 novembre 2020

Nantes Patrimonia

 Encore plus de chansons ! Vous êtes insatiables, et vous avez bien raison. Vous profitez de vos moments de loisirs, volontaires ou contraints, pour découvrir les 360 chansons déjà présentes sur ce blog. Dastum 44 vous en offre trente supplémentaires, en attendant mieux. Pour cela il faut vous connecter sur le site Nantes-Patrimonia, création de la ville de Nantes

Nous collaborons à ce site dont le but est de faire connaître l'histoire de la ville de Nantes et de ses quartiers. Bien sur, ce sont nos chansons qui illustrent ce patrimoine local. Pour les retrouver, tapez « Dastum 44 » dans le moteur de recherche du site ou utilisez ce lien .

Comme sur notre blog les chansons, interprétées par des adhérents et sympathisants de l'association, sont accompagnées de commentaires et de références.

Enfin, si vous êtes toujours en manque de chansons, nous vous rappelons que l'intégralité des collectes numérisées par Dastum pour l'ensemble de la Bretagne sont disponibles grâce à Dastumedia, gratuit et facile d'accès après inscription.


mercredi 11 novembre 2020

360 - La tuerie du Landreau

 Vous connaissez notre goût pour les complaintes criminelles. Un goût partagé par nombre d'entre vous. Alors nous vous en proposons à nouveau une, et non des moindres. Mis à part la complainte de Jules Grand, que nous avons eu le plaisir de vous détailler l'été dernier, peu d'événements ont donné lieu à la publication d'autant de complaintes. Certes, les affaires Dupont de Ligonnès ou Troadec ont fait couler beaucoup d'encre. Mais de nos jours ce sont les média qui s'emparent de ces faits divers avec plus ou moins de bonheur. Le temps des complaintes criminelles est révolu.

Pour écouter la chanson et lire la suite :

lundi 2 novembre 2020

359 - Nous étions trois filles

 « Ah, le sot berger ! ». Voici encore une figure emblématique de cette catégorie de chansons qu'on répertorie sous le terme d'occasions manquées. Elles sont assez nombreuses et nous vous en avons déjà proposé.(1). Celle ci, recueillie dans le pays nantais, est bien connue et répandue dans des versions à la fois proches par le texte et la mélodie et adaptées à des danses en rond de différentes région. Un bel exemple de folklorisation d'un texte ancien.

Pour écouter la chanson et lire la suite :

samedi 24 octobre 2020

358 - La ronde de la mariée

Peut on entonner gaillardement des chansons de maumariées pendant la journée des noces ? Apparemment la question ne se pose même pas. Tant pis pour les mauvais présages. Il est juste temps de s'amuser, à table ou à la danse. Le répertoire des chansons de mariage ne se prive pas de chansons sur les mariées laides ou les maris benêts, les femmes trompées ou les époux cocus. Celle ci n'est sans doute pas la plus inconvenante qu'on puisse entendre. Elle est connue un peu partout sous diverses formes mais prend ici une tournure inhabituelle.

Pour écouter la chanson et lire la suite :

dimanche 11 octobre 2020

357 - Chanson du bouquet

 

Si certaines coutumes des mariages semblent venir du fond des âges (1), d'autres, présentes dans les collectes anciennes, ont disparu avec l'évolution des mœurs. Le folklore du mariage d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec les pratiques des temps passés. Plus étonnant: certaines chansons recueillies à diverses époques ne sont déjà plus que des souvenirs de rituels pour les personnes qui les ont chantées. C'est le cas avec cette chanson du bouquet, pourtant pas si ancienne puisqu'entendre au milieu du siècle dernier.

Pour écouter la chanson et lire la suite:

dimanche 4 octobre 2020

356 - L'amant perdu

 Le répertoire des chansons d'amour comporte un nombre important de chansons de rupture. C'est que tout ne va pas toujours pour le mieux dans la relation amoureuse. A qui la faute ? Certaines chansons nous affirment régulièrement que les garçons sont trompeurs et caressent plus volontiers la bouteille que leur amie. D'autres prétendent au contraire que les filles sont volages et changent d'amant comme d'avis. Tout dépend du point de vue dans lequel on se place. Cette semaine c'est celui d'une jeune fille écœurée de l'attitude de son ex que nous vous proposons.

Pour écouter la chanson et lire la suite :

dimanche 27 septembre 2020

355 - Je vous aimerais tant !

 Trois chansons à la marche au menu de cette semaine : la première et la deuxième sont indubitablement des marches de noces ; la troisième vient du répertoire de conscrits. Nous avons là deux des occasions où le chant accompagnait les déplacements à pieds. Cortèges de noces et conseils de révision sont des événements marquants qui justifient un répertoire approprié. Cela n'empêche pas que ces chansons aient pu être utilisés lors de circonstances plus banales. Chanter en marchant a pour effet de faciliter la marche et réduire non pas les distances mais la perception de leur longueur.

Pour écouter les chansons et lire la suite :

dimanche 20 septembre 2020

354 - Le marché aux hommes

 Sur le marché on fait de bonnes affaires : cette semaine nous vous livrons deux chansons pour le prix d'une. Deux thèmes imbriqués dans une mélodie mais un seul sujet : méfiez vous des hommes les filles. On n'est pas loin de la dénonciation des violences conjugales. La chanson prend le parti de s'en moquer en relevant que les hommes ne valent pas le prix qu'on peut y mettre. Les comparaisons animalières ne manquent pas pour expliquer que la méchanceté est dans la nature des mâles. Encore une fois la chanson aborde un sujet sérieux sous la forme de moquerie plutôt que sous la forme d'une dénonciation brutale.

pour écouter la chanson et lire la suite :

jeudi 10 septembre 2020

353 - La ceinture


La jeune fille qui s'exprime dans cette chanson ne sait pas trop quel est son sentiment dominant. Son amant lui fait un cadeau qu'elle sait sans équivoque. Elle ne sait pas encore si elle doit s'en réjouir ou s'en inquiéter. Elle nous fait partager ses hésitations, ses craintes et, finalement, son contentement. Cette chanson recueillie au milieu du 19è siècle n'est plus chantée de nos jours. Dommage, car son aspect suranné fait tout son charme, mais nécessite quand même quelques explications.
pour écouter la chanson et lire la suite :

jeudi 27 août 2020

352 Ne vous y fiez pas


Parmi toutes les chansons qui mettent en garde les jeunes filles sur l'attitude des hommes celle ci n'est pas la plus courante. Et pas la moins intéressante non plus. Recueillie dans le Pays de Retz au milieu du 19è siècle, elle a pratiquement disparu des écrans radar depuis. On ne la retrouve plus dans les collectes plus récentes. Est-ce parce que le sujet qu'elle aborde n'est plus (ou moins) d'actualité ? Est ce parce qu'à cette époque elle n'était pas suffisamment répandue pour que la tradition orale la conserve ?
pour écouter la chanson et lire la suite :

dimanche 9 août 2020

351 - L'anguille dans la gerbe de blé


Marie-Margoton 2 : le retour. Ce refrain entêtant vous rappelle sans doute une chanson publiée récemment (1). Nous vous avions alors promis d'y revenir. C'est fait.
Certes l'été est propice aux rediffusions, mais cette Marie-Margoton n'a rien à voir avec Angélique marquise des anges ou la Septième compagnie au clair de lune. C'est une tout autre chanson que nous vous proposons cette semaine. Un thème que vous avez déjà probablement entendu, mais avec un parfum très local, et, en vedette principale, une habituée des chansons traditionnelles : l'anguille.
Pour écouter la chanson et lire la suite :

dimanche 2 août 2020

350 - Complainte de Jules Grand (3)


Voici donc la suite et la fin de notre feuilleton de l'été. Déjà ? Ce n'est pas qu'on regrette de quitter la compagnie du grand Jules, un personnage qui n'inspire aucune sympathie. Mais on commençait à peine à s'habituer à l'évocation de cette vie en raccourci.
Raccourci est le terme le plus juste, car, tuant prématurément le suspense, nous avons suggéré la semaine passée le rôle joué par monsieur l'exécuteur des hautes œuvres dans cette affaire. Auparavant de couper court à notre histoire, il nous reste à évoquer les derniers soubresauts de l'aventure du criminel; des faits qui n'ajoutent plus rien à une vie déjà bien ternie.
Pour écouter la chanson et lire la suite:

dimanche 26 juillet 2020

349 - Complainte de Jules Grand (2)


Voici la suite de notre grand feuilleton de l'été. Vous l'attendiez avec impatience, alors ne vous faisons pas languir.
Résumé de l'épisode précédent: Jules Grand, “scélérat” dès son plus jeune âge, s'est rendu coupable de vols et d'assassinat dans sa région natale. Condamné à mort par contumace, il est toujours en fuite et en cet hiver 1909-1910. C'est dans notre région que nous allons retrouver sa trace. Avant que la justice ne s'empare de lui, il va allonger la liste de ses méfaits et de ses victimes. La complainte est là pour en témoigner.
Pour écouter la chanson et lire la suite:


Nous avions laissé Jules Grand en cavale du coté de Bordeaux. Après quelques vols dans cette ville, fasciné par la guillotine, il assiste à une exécution à Saintes en novembre 1909. Puis nous le retrouvons dans notre région où ses méfaits vont s’enchaîner. Au Pouliguen il squatte des villas, désertes hors saison. Il vit de vols mais ce sont d'autres forfaits qui lui vaudront d'être connu comme “le satyre du Pouliguen”. Le 27 décembre 1909, il y viole et assassine une jeune fille de 15 ans, Clémentine Fouché.
Dès lors Grand est traqué, mais des papiers volés et abandonnés au Pouliguen orientent sur une fausse piste, celle de Giuseppe Enrici. Dans sa cavale Grand, se livre à plusieurs cambriolages, dans des villas et châteaux. L'un des couplets prend des libertés avec la chronologie. Nous ne sommes pas encore à Orvault. Mais, comme de nombreux chateaux de la région portent le nom de “Plessis” peut-être y-a-t'il eu confusion. L'énumération des lieux-dits permet de suivre l'itinéraire du criminel, qui s'éloigne de la côte: La Turballe, la gare de Pintré à Saint Joachim (depuis longtemps désaffectée), Donges où, cambriolant la chapelle Bonne-Nouvelle le “scélérat” se rase sur l'autel en s'essuyant avec les linges sacerdotaux ! La prochaine étape sera Savenay. Mais gardons cela pour le troisième épisode.
Nous sommes dans le département qui s'appelait encore Loire-Inférieure, c'est à dire cours inférieur de la Loire. Les années 50 lui vaudront d'être rebaptisé Loire-Atlantique, tout comme la Seine ou la Charente “maritimes”. Le secteur où Jules Grand a le plus sévi est celui de la presqu’île guérandaise et de la Brière. Voilà pourquoi son souvenir s'y est perpétué et plusieurs complaintes y ont été collectées. Un extrait de celle ci a d'ailleurs été chanté par Raphael Garcia sur une K7 du Cercle Breton de Nantes dans les années 80 (1).
Malgré cette profusion de complaintes, l'affaire du satyre du Pouliguen n'est pas celle qui a suscité le plus de chansons en Loire-Atlantique. Deux ans plus tard, la tuerie du Landreau la dépassera en horreur et en nombre de complaintes publiées (2). Il faut dire que le massacre d'une famille entière par un jeune apprenti avait de quoi provoquer l'émotion populaire. Ce genre particulier de la complainte criminelle a connu un franc succès tout au long du 19è siècle et jusqu'à la première guerre mondiale. Sa diffusion sur des feuilles volantes, chantées sur les places de marchés, compensait l'absence de média audio-visuels tout en complétant la relation des faits donnée par les journaux ou hebdomadaires locaux. Le déclin des complaintes criminelles semble aller de pair avec l'arrivée de la radio-diffusion puis des infos télévisées. Les timbres utilisés par les compositeurs ont en commun une simplicité qui permet à tout un chacun de les fredonner. Que ce soit le juif errant, comme ici, l'air de Fualdès ou le dialogue de l'eau et du vin, entre autres, point n'est besoin d'être un grand chanteur pour pouvoir entonner la complainte. La remarque vaut aussi bien pour la fameuse Paimpolaise, air simple et extrêmement populaire qui prit la suite des timbres anciens au hit parade des criminelles dans la première moitié du vingtième siècle.
Amateurs du genre vous pouvez retrouver sur ce blog d'autres complaintes composées à propos d'affaires locales: les mystères de l'Erdre (n° 79 – nov. 2014 ) la complainte du Bois vert (n°118 – sept. 2015) le crime du Pont du Cens (226 – nov. 2017) le crime de St Lumine de Coutais (269 – oct. 2018) le crime de la Chapelle des Marais (275 - nov. 2018). Pour une étude complète du sujet, une seule adresse: le remarquable site Criminocorpus.
La semaine prochaine vous pourrez suivre le troisième épisode de ce passionnant feuilleton d'aventures criminelles et de châtiment judiciaire. Jules Grand y fera la connaissance (brève) de monsieur Deibler !

notes
1 - “Gueule de serpent” par les chantous et sonnous du pays nantais – cassette audio publiée par le Cercle Breton de Nantes en 1984
2 – un exemple est à écouter sur le CD “Nantes en chanson” (Dastum - 1998)

interprète: Jean-Louis Auneau
sources: Gisèle Bourreau enregistrée le 21 mars 2003 à Oudon par Hugo Arribart - Lucie Rastel enregistrée le 29 mai 1981 par Raphael Garcia à Kerbourg en St Lyphard – Texte communiqué par Vincent Morel d'après M. Piquet, enregistré à la Meilleraye de Bretagne par Patrick Bardoul – autre collecte: François Baholet, enregistré en Brière par Joseph Gervot

suite: couplets 13 à 24

Ce sinistre malfaiteur
Demanda logement
Dans la Loire-Inférieure
Il y fit un campement
Dans un gracieux chalet
Sans payer de loyer

Non loin de la demeure
De ce faux Enrici
Une bergère, par malheur
Qui gardait ses brebis
Sur elle, ce vagabond
Porta son intention

Le bandit l'assassine
Sans remords, sans pitié
La petite Clémentine
Il laissa étranglée
Aussitôt le bandit
Courut dans le maquis

Partout il cambriole
Chez Teilleur, chez Cousin
Dans les maisons il vole
On signale ses larcins
A la Turballe aussi
De près on le poursuit

Le bandit sans retard
Veut boire et puis manger
Il vole dans une gare
De quoi se rassasier
Il abandonne ici
Le livret d'Enrici

Ces papiers militaires
Lui appartenaient pas
Mauvaise était l'affaire
Et beaucoup d'embarras
Pour de bien pauvres gens
Qui étaient innocents

Jules grand cassa la croûte
Au château du Plessis
Près d'Orvault, là sans doute
Il abandonne aussi
Des papiers, un livret
Pris chez monsieur Rousset

Puis il réquisitionne
Au château de Krouzerat
Pas de peine il se donne
Tranquillement il quitta
Ce lieu la pour entrer
A la gare de Pintré

Puis il prit à son aise
Quelque chose, un louis d'or
Sur lequel Alphonse XIII
Y figurait encore
Cette pièce témoignera
Contre le scélérat

En passant près de Donges
Armé de son fusil
Une femme ne songe
Que c'est lui le bandit
Un peu plus loin bientôt
Laisse un chien, un vélo

Grand ne s'étonne guère
Pour vivre, le bandit
Chez une garde-barrière
Il entre comme chez lui
C'est pour dévaliser
Le fond du poulailler

Voyez cette canaille
Rentre à la Lissonnais
Fait rôtir des volailles
Pour les manger après
Caché dans un fournil
Sans quitter son fusil


dimanche 19 juillet 2020

348 - Complainte de Jules Grand (1)

Voilà plus d'un siècle la population locale se passionnait pour les aventures d'un criminel hors du commun. On en a fait des complaintes selon la mode de l'époque, relatant les faits et méfaits du bandit Jules Grand: comment sa vie l'a fait basculer dans le crime, comment il échappait aux recherches, jusqu'au châtiment final. Pour la seconde fois nous faisons le choix de ne pas vous présenter une chanson d'un seul bloc. La complainte de Jules Grand fait quand même 36 couplets! Ce sera notre feuilleton de l'été.
Pour écouter la chanson et lire la suite:


Les 3 épisodes correspondent à trois parties de la complainte. D'abord ses faits et gestes dans le sud de la France; puis son périple à travers l'ouest; enfin ses derniers forfaits en pays nantais et son arrestation.
Un peu d'histoire: Jules Grand avait 26 ans quand a été écrite la complainte. Né en 1885 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), c'est comme soldat déserteur qu'on le situe à Grasse, où ses parents sont commerçants. Le premier couplet passe rapidement sur son enfance dont, à vrai dire, on ne sait pas grand chose. On le dépeint déjà comme une brute cherchant querelle. “Scélérat” est le terme qui revient le plus souvent dans le texte. L'énumération de ses méfaits nous donne, en effet, le portrait d'un individu peu recommandable.
Déjà condamné à 17 ans à la prison avec sursis pour des blessures par arme à feu, il est incorporé dans un régiment de chasseurs alpins. Deux ans plus tard il est surpris à cambrioler la cantine du régiment. En s'enfuyant, il tue le caporal Ferminier, d’un coup de fusil. Traduit devant le conseil de guerre, il simule la folie, et s’échappe de l’hôpital militaire. S’arrêtant dans un café de Peymeinade pour voler la caisse, il poignarde une employée, Valentine Giraud. Sa cavale se poursuit dans le sud de la France: Marseille, Martigues, Bordeaux. En mai 1909, pour ces crimes d’assassinat, tentative d’assassinat et vol, le conseil de guerre le condamne, par contumace, à la peine de mort. C'est la première de trois condamnations ! Mais Jules Grand est toujours en fuite. Dans les prochains épisodes nous le retrouverons dans l'Ouest.
Le timbre sur lequel elle se chante est l'un des plus utilisés pour ce type de complainte: “le juif errant”. Pas autant qu'ont pu l'être l'air de Fualdès au 19è ou la Paimpolaise depuis sa création par Botrel. Mais avec une constance qui s'explique sans doute par la popularité de la chanson originelle. Non seulement l'air du juif errant a servi de base à des complaintes criminelles, mais il a aussi influencé les mélodies de plusieurs autres chansons traditionnelles.
La chanson que nous avons choisi d'interpréter n'est pas la seule composée sur ce fait divers. Elle est la plus complète, donnant à peu près fidèlement un aperçu des tribulations du criminel depuis son premier forfait jusqu'à ses derniers jours. Pour découvrir les autres chansons sur ce thème, il faut, bien sur, rechercher la base de données des complaintes criminelles sur Criminocorpus, un site remarquable que nous vous encourageons à consulter. Voici la liste des complaintes recensées par “Maxou” Heintzen:
- Complainte en souvenir des victimes: sur l'air de Béranger à l'académie (4 couplets)
- Ce que disent les victimes : également sur l'air du juif errant (13 couplets et une morale)
- une Complainte, sur l'air de Fualdès, signée Daran (8 couplets)
- La condamnation à mort du bandit Jules Grand
- Le satyre du Pouliguen : complainte collectée par Guy Belliot chez Marie-Edith Rialland qui la tenait de sa grand-mère Marie Loyer 
- Chant dramatique sur la troisième condamnation à mort de Jules Grand : sur l'air de Ça vous coupe la gueule à quinze pas (7 couplets)
- Chanson sur Jules Grand : sur l'air des Les Pioupious d'Auvergne (4 couplets et 2 refrains)
Comme on le voit, l'affaire Jules Grand a eu un tel retentissement que ce sont 8 complaintes, au moins, qui ont été écrites sur le sujet. Peu de criminels ont eu droit à une telle notoriété chantée.
Notre interprétation se réfère a plusieurs sources, dont certaines collectées en Brière; nous verrons pourquoi la semaine prochaine. Le texte le plus complet nous a été communiqué par Vincent Morel, dans son étude sur Le phénomène de la complainte criminelle locale en Haute-Bretagne, (maîtrise d'histoire inédite, Rennes, 1995).
Les illustrations et portraits de Jules Grand sont extraits de journaux d'époque disponibles sur Gallica, le site de la BnF.

interprète: Jean-Louis Auneau
sources: Gisèle Bourreau enregistrée le 21 mars 2003 à Oudon par Hugo Arribart - Lucie Rastel enregistrée le 29 mai 1981 par Raphael Garcia à Kerbourg en St Lyphard – Texte communiqué par Vincent Morel d'après M. Piquet, enregistré à la Meilleraye de Bretagne par Patrick Bardoul – autre collecte: François Baholet, enregistré en Brière par Joseph Gervot

les douze premiers couplets...

Jules Grand dans sa jeunesse
N'était qu'un polisson
Brutalisant sans cesse
D'autres jeunes garçons
Il était tapageur
Brutal et querelleur

Jules Grand étant à Grasse
Dans les chasseurs alpins
Il y marqua ses traces
Par de nombreux larcins
Une nuit il fut surpris
Par le sergent de nuit

Chez une cantinière
Un courageux sapeur
Voulut, sans plus de manières
Arrêter le malfaiteur
Jules Grand, le scélérat
Fit feu sur le soldat

Il fit une blessure grave
Au courageux sergent
Féminier, autre brave
Fut blessé mortellement
Pour ces crimes sanglants
On emprisonna Grand

Grand, conduit à Marseille
Pour y être jugé
Par devant le conseil
De guerre sans tarder
Mais Grand en vint à bout
Qu'on le soupçonne fou

Trompant la surveillance
De ses gardiens la nuit
Grand part sans prévenance
Par la rue de Lodi
Ses traces furent perdues
On ne le revit plus

Mais le conseil de guerre
Condamna Grand à mort
Depuis l'année dernière
On n'trouva pas d'abord
Les traces du brigand
On réclame Jules Grand

Jules Grand eut une maîtresse
Plus tard, le scélérat
Un enfant il lui laisse
Un jour de sur les bras
Car un gosse à nourrir
Vaut mieux le laisser mourir

Tout près de Peymeinade
Dans le café Cauvin
Il marqua sa passade
Il demanda du vin
On lui sert à manger
Comme à tout étranger

Il finit sa chopine
Et puis le scélérat
Sur la bonne Valentine
Sans raisons il frappa
La blessant sans égard
A grands coups de poignard

Quittant cette contrée
Grand, précipitamment
Il vola le livret
De gens biens innocents
A Gabriel Demay
L'un même appartenait

Du coté de l'Espagne
Aussi du Bordelais
Jules Grand dans les campagnes
Commit quelques méfaits
Il y sema partout
Des traces de mauvais coups


dimanche 12 juillet 2020

347 - Mariez-me donc


Avec un titre pareil on pourrait croire à une nouvelle supplique d'une jeune fille pressée de se marier. Pourtant, dès le troisième couplet, il parait évident que la belle va se passer de l'autorisation des parents pour s'offrir un avant goût de nuit de noces. Hélas ses espoirs seront déçus par la faute d'un galant qui tombe de sommeil. D'après certains informateurs, cette chanson moqueuse aurait eu un certain succès dans les repas de noces, à un moment ou la morale officielle s'estompe dans les plaisirs de la fête et les vapeurs de l'alcool !
Pour écouter la chanson et lire la suite :

dimanche 5 juillet 2020

346 – l'infanticide


Changement de décor: la semaine dernière nous fredonnions une chanson qui parlait d'un enfant jeté dans une rivière, sur un mode facétieux et avec une fin heureuse. Cette semaine nous allons chanter l'histoire d'un enfant jeté dans une rivière, en abandonnant le ton guilleret pour celui du drame. La conclusion n'est heureuse pour personne dans cette complainte qui aborde d'une toute autre façon, plus réaliste, le thème de l'infanticide. Nous quittons le monde fabuleux des grenouilles et des petits poissons pour l'atmosphère pesante et moralisatrice d'une justice expéditive.
Pour écouter la chanson et lire la suite:

dimanche 28 juin 2020

345 - Le gueurnouillon


Chanson idiote ou chanson sérieuse ? Texte superficiel ou message caché ? Nous vous laissons le soin de faire votre propre opinion. A la première écoute cette histoire d'une ruralité marécageuse à tendance batracienne ne retient pas particulièrement l'attention. Si ce n'était sa mélodie simpliste et entêtante on n'en retiendrait pas grand chose. Mais elle mérite sans doute mieux que d'être classée dans les facéties et divertissements pour enfants.
Pour écouter la chanson et lire la suite:

dimanche 21 juin 2020

344 - La bigueurnoise


Vous reprendrez bien un peu de cresson ?! On ne va pas vous raconter de salades, c'est un thème qui est souvent au menu des chanteurs et chanteuses de traditions. La preuve: nous vous en avons déjà présenté une version (1). Comme pour beaucoup de chansons très répandues, les différences peuvent être importantes de l'une à l'autre. Si pour le fonds de l'histoire on reste dans les nuances, ce sont les musiques et les refrains qui font toute la richesse de ce répertoire.
Pour écouter la chanson et lire la suite:

dimanche 14 juin 2020

Malades et médecins


Chaque mois une session de chants, à l'heure de l'apéro, est organisée à Nantes par Dastum 44. C'est le plus souvent le troisième mardi du mois que nous sommes accueillis chez “Mon Oncle” bistrot-grignotte situé 16 rue d'Alger. Un thème est généralement proposé aux participants sans que cela soit contraignant. Ainsi, la session du 16 juin 2020 est annoncée sur le thème “malades et médecins”, actualité oblige. Voici quelques suggestions de chansons sur ce thème:
pour lire la suite:

vendredi 12 juin 2020

343 - Sur le pont d'Avignon


Il suffit de passer le pont c'est tout de suite l'aventure (1) que ce soit à Nantes, Lyon ou Avignon. Nous avons déjà abondamment commenté la présence des ponts dans les chansons traditionnelles; passons à autre chose. Cette chanson accumule les poncifs des amourettes dont on ne sait jusqu'où elles peuvent aller: un objet perdu que le galant restitue à sa mie, un baiser volé qui en entraîne d'autres, et des aventures qui peuvent aller si loin qu'on a besoin de symboles forts pour en fixer les limites
Pour écouter la chanson et lire la suite:

dimanche 31 mai 2020

342 - la fille du chaudronnier

Ce n'est pas la première fois, dans la chanson comme dans la vraie vie, qu'une jeune fille est repoussée non pas tant à cause de son état qu'en raison de la profession de son père. Il est des métiers méprisés parce que trop salissants, ne rapportant rien ou exercés par des groupes vivant pratiquement en marge de la société. La chanson s'en moque souvent, mais l'amour est parfois plus fort que les convenances sociales. Heureusement !
Autre sujet d'intérêt, vous noterez à nouveau un phénomène qu'on observe encore assez souvent dans la tradition: la contamination d'une chanson par une autre. Les derniers couplets de celle ci ont comme un air de “déjà entendu”.
Pour écouter la chanson et lire la suite

dimanche 24 mai 2020

341 Le roi a tout vendu


Situation courante dans la tradition orale: un vieux beau plus ou moins riche cherche à s'attirer les grâces d'une fille, belle mais sans le sou. Nouvel épisode de la lutte des classes ou simple exemple de drague hasardeuse ? Le Monsieur et la Bergère, personnages ordinaires de ces chansons, sont ici remplacés par un roi sur le déclin et une jeune fille qui a bien la tête sur les épaules.
Cette chanson, assez peu répandue, a été collectée, entre autres (1) par Raphael Garcia, à qui nous devons un fonds impressionnant de chansons de la Brière et du Pays Nantais.
Pour écouter la chanson et lire la suite:

dimanche 17 mai 2020

340 - J'avais une belle mère


Cette chanson, publiée par Fernand Guériff, fait partie du fonds recueilli par Gustave Clétiez au 19è siècle en pays guérandais. Une histoire gentillette si on n'y cherche pas un sens caché. Mais comme elle est assez répandue sur tout le territoire, ce que ces quelques couplets n'osent pas nous avouer apparaît beaucoup plus nettement ailleurs.
Toutes les versions de cette chanson que nous avons pu consulter ont au moins un point commun: elle ont servi de support à une danse ou en ont gardé la structure, même quand l'interprétation – comme ici – en parait éloignée.
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dimanche 10 mai 2020

339 - la Perdriole


Si vous deviez offrir un cadeau à votre bonne amie pour vous conformer à l'antique tradition du mois de mai ce n'est probablement pas dans la liste de cette chanson que vous puiseriez votre inspiration. A commencer par cette sacrée perdriole, dont la population est en forte diminution, au point qu'on a plus de chances d'en voir aujourd'hui dans des élevages que sur le terrain. La chanson ne date pas d'hier et, si on en juge par son abondante diffusion tant géographique que patrimoniale, est un des grands classiques du répertoire traditionnel.
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dimanche 3 mai 2020

338 - Turlututu


Il n'y a pas de chapeau pointu dans cette chanson. Le turlututu y est un moyen de défense pour une bergère contre un “monsieur” trop entreprenant. Peut on le traduire par l'expression “bas les pattes”? C'est tout comme.
La version que nous vous proposons est celle collectée en juillet 1949 par Claudie Marcel-Dubois et sa collaboratrice Maguy Pichonnet-Andral pour le Musée national des arts et traditions populaires. Après une visite rapide en Basse Bretagne, les deux chercheuses se sont intéressées aux vanniers du village de Mayun (La Chapelle des Marais). Les enregistrements ont été effectués du 27 au 29 juillet de cette année là. Un séjour bien court pour découvrir les traditions locales mais qui a néanmoins laissé quelques belles traces sonores.
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dimanche 26 avril 2020

337 - Quand j'étais chez mon père


Ce type de chanson est tellement répandu dans les répertoires traditionnels que nous l'avons déjà rencontré, sous une autre forme (1). Ce n'est pas une raison pour se priver du plaisir d'y revenir. Pour échapper à un galant un peu lourdingue les jeunes filles utilisent, dans les chansons, des stratagèmes qui sèment le doute chez le gêneur. On en a vu se vanter d'une origine sociale un peu douteuse ou d'un risque sanitaire (2) pour écarter l'importun. Plus simplement, celle ci joue sur la corde sensible en se mettant à faire la pleureuse.
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dimanche 19 avril 2020

336 - Saint Alexandre


Pour une fois nous serons en accord avec le calendrier. Voilà qui nous change un peu de nos mauvaises habitudes de vanter le charme de nos stations balnéaires au mois de janvier et d'entonner des chants de Noël en plein mois de juillet. La Saint Alexandre tombe le 22 avril, mais il n'y a pas de saison pour chanter cette prière très profane. Elle est associée aux mariages et le plus souvent réservée aux repas de noces; plutôt vers la fin. Elle semble surtout connue dans l'ouest de la France.
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Le calendrier ne manque pas de saint patrons. Chaque profession a le sien ou la sienne. Il est aussi des saints qui étendent leur protection à toute une catégorie sociale. Le marketing a même fait de Saint Valentin un bienfaiteur des fleuristes, et accessoirement des amoureux (ou l'inverse). Dans ce domaine, il a damé le pion à Sainte Agnès, dont la clientèle se limite aux fiancé(e)s, ou à Saint Amour. Les jeunes filles à marier restent très attachées à Sainte Catherine. Saint Nicolas, protecteur multi-cartes (1), compte dans son portefeuille les vieux garçons. Rien d'officiel, en revanche, pour les vieilles filles. Il reste, bien sur, la possibilité d'aller brûler des cierges ou piquer des épingles dans le pied de la statue de tel ou telle élu(e) à la renommée locale, dans l'obscurité rassurante d'une chapelle.
La chanson de Saint Alexandre aborde le sujet sous un tout autre aspect: celui de la moquerie. Pourquoi Saint Alexandre ? Officiellement celui ci n'a aucune profession sous sa coupe. Si l'on en croit certains, c'est peut être dans l'étymologie qu'il faudrait rechercher. Alexandre a une origine grecque basée sur Andros: homme et Alexein, avec un double sens: qui protège ou qui repousse. Alexandre qui repousse les hommes ? Est ce la raison de son invocation dans la chanson ?
Nous n'avons pas trouvé beaucoup de traces de celle ci dans les collectes. Elle est absente des recueils anciens, y compris ceux consacrés au folklore du mariage. Mais elle a été notée en 1968 par Louisette Radioyes à Saint Congard (2) sous une forme identique à celle que nous vous proposons. Elle a aussi été entendue à plusieurs reprises dans le pays d'Ancenis (voir texte joint) ainsi qu'à la limite nord du département de Vendée.
Dans la tradition, plusieurs chansons donnent la vedette aux “vieilles filles”, soit pour regretter d'avoir trop fait la difficile et refusé des propositions, soit pour railler le comportement de cougar en recherche de chair fraîche. Apparemment, cette supplique à Saint Alexandre aurait une origine plus récente. Mais ce que nous appelons “tradition orale” n'est pas un bloc monolithique. Elle est faite de composantes issues d'âges, de milieux, d'histoires, de sociétés...à la fois complémentaires et différentes. Que ces sources variées se retrouvent aujourd'hui amalgamées dans nos archives pourrait nous faire croire à l'existence d'une tradition uniforme que d'aucuns qualifient un peu vite de “bon vieux temps”. Il n'en est rien. C'est ce qui nous permet de passer d'une semaine à l'autre de complaintes très anciennes à des expressions beaucoup plus modernes. Rien n'est figé dans notre patrimoine immatériel et tout évolue dans le temps. C'est très bien comme ça et ce n'est pas fini !
Après la fête, adieu le saint. La semaine prochaine nous aborderons donc un tout autre sujet.

notes
1 – nous en avons déjà parlé avec la légende de St Nicolas (chanson n° 276 en décembre 2018) – Nicolas s'occupe aussi, entre autres, des bouchers, des marins, des voyageurs, des écoliers, des étudiants, des kinés ou des marchands de vin...!
2 – Traditions et chansons de haute-Bretagne, tome 2 – Louisette Radioyes (GCBPV 1997) – chanson 132, page 171

interprète: Jean Ruaud
source: version chantée par Félix Ruaud, de Guenrouet (44)
non reprise dans les catalogues

Refrain:
Saint Alexandre,
Priez pour nous
Nous n'pouvons plus attendre
Donnez nous des époux

1.
Ayez pitié de tant de vieilles filles,
Qui sous le fard cachent leur vieille peau
Elles ont été beaucoup trop difficiles
Et maintenant elles sont sur le carreau
2.
Depuis le temps qu'elles font la vaisselle
Elles voudraient bien embrasser un mari
Sécher des couches sur deux rangs de ficelle
Y-a pas de bébé pour y faire pipi

Seront-elles donc des tantes à héritage
Pour imiter ces dames aux chapeaux verts
Et puis toujours attendant le partage
Elles traîneront le chien-chien à sa mémère

Une autre version, chantée en janvier 2000 par Marie-Louise Fourrier, de Riaillé (Loire-Atlantique) à Elisabeth Carroget et Marie-Thérèse Renouard

Saint-Alexandre priez pour nous
Nous n’voulons plus attendre, donnez-nous des époux (bis)

Pitié, mon dieu, pour tant de vieilles filles
Qui sous leurs fronts, cachent de vieilles peaux
Elles ont sans doute été trop difficiles
Et les voilà restées sur le carreau

Qu’il s’appelle Jules, Oscar ou Honoré
Qu’il soit barbu, joufflu ou édenté
Qu’il soit ministre, maçon ou chiffonnier
Tel qu’il sera, je saurai bien l’aimer

Saint-Valentin, faites que demain, il vienne
Ce cher amour, se mettre à mes genoux
Saint-Valentin, faites que demain matin
Par le courrier, il me soit annoncé

Et que surtout, il ait des qualités nombreuses
Pour compenser tous mes défauts charmants
Et que surtout, il rende sa femme heureuse
Ça vaut bien ça d’puis le temps que je l’attends

Nous désirons (quand) même, un mari modèle
Berçant les p’tits, quand ils pleurent la nuit
Moulant l’café, essuyant la vaisselle
Cirant l’parquet, préparant la cuisine.

dimanche 12 avril 2020

335 - C'était un petit mercelot


Rapt, enlèvement ou départ volontaire ? On peut voir de plusieurs façons l'aventure de ce garçon qui profite de son activité pour emmener avec lui une fille du village, au grand dam du galant qui le somme de rendre la fille.
On retrouve cette chanson un peu partout dans le répertoire traditionnel. Elle fait systématiquement référence à la Normandie, ce qui ne signifie pas pour autant qu'elle y ait son origine. Avant que la bicyclette puis la voiture ne viennent changer les habitudes de consommation, le petit métier de marchand ambulant était présent partout.
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dimanche 5 avril 2020

334 - Jean, Jean, Jean


Il est encore un peu tôt pour fêter la Saint Jean (1). Pourtant on sent bien que ça va être sa fête à ce mari pas assez sentimental ! Si certains craignent de se faire appeler Léon ou Arthur – simples réprimandes – on peut imaginer que cela vaut sans doute mieux que le Jean de l'histoire.
Entendre chanter le coucou est un vrai bonheur si c'est parce qu'il annonce le retour du printemps. En revanche se faire affubler de ce nom d'oiseau n'aura rien d'agréable pour le pauvre “Jean”.
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dimanche 29 mars 2020

333 - Par un beau soir Germaine


L'atmosphère actuelle semble propice aux grandes complaintes, aussi avons nous choisi de continuer dans cette voie. D'autant que toutes ces chansons ne sont pas des tragédies. La preuve avec celle ci et son dénouement heureux que nous avons déjà évoqué récemment à propos d'une autre chanson (1). L'histoire de Germaine est parfois intitulée “le retour du croisé” ce qui nous permet de dater son origine. Comme les deux précédentes complaintes, cette histoire d'anneau brisé est connue dans de nombreux pays. Un détail particulier rattache notre version au pays Nantais.
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dimanche 22 mars 2020

332 - Le fils Louis

C'est le conte du fils Louis ou c'est le fils du comte Louis ? Plusieurs versions connues hésitent sur le premier vers de cette chanson. Comme cet incipit lui donne son titre, Armand Guéraud avait tourné la difficulté en rebaptisant la chanson: “la vengeance de la mort”; beaucoup plus accrocheur ! Mais derrière ces dénominations vous n'aurez aucune peine à reconnaître l'un des fleurons de la chanson traditionnelle: le roi Renaud. C'est ainsi qu'elle est la plus connue, en français, car cette histoire est tellement répandue que le nom du héros n'en finit pas de varier. Pour cette version, l'une des toutes premières recueillies dans nos contrées, c'est donc Louis, père ou fils, et comte de son état.
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samedi 14 mars 2020

331 - La blanche biche


Biche, oh ma biche, lorsque tu soulignes, au crayon noir, tes grands yeux...Ah!, c'est vrai qu'il est fort, Alamo (1), pour la métaphore cynégétique. Mais, bien avant les années yé-yé, la biche a tenu la vedette d'une chanson qui, pour être une des plus anciennes du répertoire, n'en conserve pas moins un accent très actuel. Sauf à vouloir la prendre au premier degré comme une histoire de chasseurs à caractère merveilleux, son fonds nous parle d'un sujet récurent où les acteurs tiennent deux rôles intemporels: prédateur et victime.
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samedi 7 mars 2020

330 - V’la le bon vent


Comment ?! Déjà 330 chansons répertoriées dans ce blog et pas une seule fois celle des trois canards ! LA chanson traditionnelle par excellence, la plus interprétée, la plus collectée ici et ailleurs et probablement la plus connue, sous tant de versions. Il était grand temps que nous vous en proposions une. Le titre laisserait supposer qu'il s'agit de la plus connue, celle qui a été popularisée via le chant scolaire et enregistrée par de nombreux interprètes. Sans doute, mais au moment où elle a été recueillie, ce n'était pas encore le cas.
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vendredi 28 février 2020

329 - Chanson de la poche à Guenrouët


C'est dans la poche ! Non pas celle où vous resserrez vos papiers et cartes bancaires, mais dans la Poche de Saint Nazaire, territoire où la seconde guerre mondiale a pris fin avec un an de retard. Suite au débarquement de 44 en Normandie, le repli de l'occupant dans secteur de 30 kilomètres autour de Saint Nazaire (1) a eu des conséquences dramatiques pour les 80 000 “empochés” pris en otages. Tout au long de ses couplets, cette chanson d'auteur anonyme décrit ce qu'on appelait pas encore des dommages collatéraux. Avec humour, ironie et une pointe de ressentiment à l'encontre des “libérateurs”.
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vendredi 21 février 2020

328 - Le départ pour la guerre


Du même secteur que notre chanson de la semaine passée, voici un autre histoire d'amours avec une happy end, comme on dit en breton (1). Autre similitude avec la chanson précédente: la rareté (2); il n'existe que peu de versions, sous cette forme, de ce qui fait pourtant un bon scénario. En effet, dans la catégorie des retours de guerre tellement différés que le revenant est méconnaissable, l'anneau brisé est utilisé comme signe de reconnaissance. Notre chanson pourrait tout aussi bien s'intituler le retour que le départ. L'anneau est brisé mais la boucle est bouclée.
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vendredi 14 février 2020

327 - Tiens, bonjour ma cousine


La Limouzinière est un petit bourg du Pays de Retz, proche du lac de Grand-Lieu. C'est là qu'a été collectée notre chanson de la semaine. C'est une chanson rare, en ce sens que son thème est peu répandu dans la tradition. Ce dialogue entre deux jeunes femmes vante les joies du mariage. Une exception, si on considère le nombre de textes et de mélodies qui en détaillent tous les inconvénients. Le mariage est-il le tombeau de l'amour ? Et la réponse à cette question peut-elle se chanter ?
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