samedi 18 janvier 2020

323 - Monsieur de la Giraudé


Nous avons tout essayé pour parler d'amour en ce début d'année. Mais l'actualité résonne de bruits de conflits. Alors suivons le mouvement avec une chanson qui évoque un retour de guerre. Laquelle ? Peu importe, même si on l'imagine d'un autre âge, avec des armes qui nous paraissent aujourd'hui bien dépassées.
C'est une chanson énigmatique. Nous n'avons que des interrogations sur son origine et peu de réponses concrètes à vous apporter. C'est une chanson rare et quelque peu oubliée. Mais elle est là, dans nos archives, et ne demande qu'à resurgir, tant son thème, lui, n'est ni rare ni surprenant.
Pour écouter la chanson et lire la suite :

vendredi 10 janvier 2020

322 - Parlons d’aimer


Encore un peu de douceur dans ce monde de brutes, en parlant d'aimer ! Voilà qui nous changera des affres de l'actualité: catastrophes, conflits, scandales et drames, affrontements et polémiques en tous genres.
Notre chanson est la suite logique du sujet abordé la semaine dernière. Quand on a trouvé un filon, il faut l'exploiter, même si on ne peut pas vraiment parler de pépite pour ces quelques réflexions supplémentaires sur le thème du choix d'un(e) futur(e) moitié.
Pour écouter la chanson et lire la suite:

vendredi 3 janvier 2020

321 - Rossignolet du bois qui chante


C'est la période de l'année où on échange ses meilleurs vœux. C'est aussi le moment où de nombreux magazines comblent le vide de leurs pages avec des horoscopes. Sans doute parce qu'un tour de compteur est propice aux interrogations sur l'avenir, les perspectives professionnelles, le besoin de se rassurer sur sa santé et la réussite sentimentale.
La chanson traditionnelle fait rarement référence aux astres (à l'exception de la lune) mais s'interroge en permanence sur les chances de la vie de couple. Souvent sollicité par les amoureux, c'est encore une fois le rossignol qui tient la vedette ; et assume ici le rôle de Madame Soleil.
Pour écouter la chanson et lire la suite :

L'interrogation du siffleur professionnel, habituel messager des amoureux, n'a pas grand chose à voir avec la consultations des augures ou de la position des planètes. Elle fait plutôt appel à l'expérience, en la matière, de l'oiseau emblématique. A la limite, on pourrait fort bien se passer de son avis, si ce n'est qu'il personnifie idéalement le bon sens populaire qui manque si souvent aux amoureux. S'il est vrai que le cœur a ses raisons que la raison ignore, la chanson que nous vous proposons pour débuter l'année est beaucoup plus proche du mariage de raison que du mariage d'amour.
Le choix reste limité à une alternative entre un beau-père plein aux as et un autre de condition plus modeste. D'autres chansons ouvrent plus largement l'éventail du choix avec l'intérêt de choisir une femme plus ou moins belle. Mais c'est là un autre sujet sur lequel nous reviendrons le moment venu.
Si notre chanson envisage le mariage d'un point de vue masculin, on trouve aussi bien des versions où c'est la future épousée qui s'inquiète de s'entendre reprocher :
Tu n'étais qu'une simple servante
A présent tu t'y fais servir
La présence de ce thème dans les collectes ou les recueils anciens fait que nous n'avons eu que l'embarras du choix d'une version. Celle-ci vient du pays de Coislin, avec une mélodie un peu différente de celle la plus couramment entendue. Elle est souvent décrite par les informateurs comme une chanson à la marche ; pour les noces, probablement. En revanche, la consultation du répertoire de Patrice Coirault indique qu'en dehors de sources anciennes, cette chanson ne serait guère connue que dans le pays nantais et ses environs.
Bien souvent le texte de cette chanson ne semble là que pour éviter aux amoureux de rêver d'une ascension sociale par le mariage :
Tu n'avais rien et moi aussi...
La morale prend vite le pas sur le plaisir :
Travaillons, gagnons notre vie
A défaut de fortune, la communauté d'infortune serait-elle le gage de la réussite du couple ? Pour conclure, la morale religieuse ne peut s'empêcher de pointer le bout de son nez en faisant sentir au ménage modeste que :
Si j'avons d'la peine en ce monde
J'aurons des joies en paradis
couplet présent dans les versions recueillies au 19è siècle, tant par Armand Guéraud qu'Abel Soreau.
Quel que soit votre choix, que vous deviez convoler en 2020 ou que ce soit déjà fait, nous vous souhaitons à toutes et à tous une très bonne année.

interprète : Janig Juteau
source : Pierre Orain, de Campbon (44) enregistré le 24 août 1999 par Janig Juteau et Florence Grondin
catalogue P. Coirault : Le pauvre préféré au riche (avant le mariage - 04929)

Rossignolet du bois qui chante (bis)
Enseigne-moi un doux profit, rossignolet du bois joli

Si je dois me mettre en ménage (bis)
Ou bien rester comme je suis, rossignolet du bois joli

Si tu prends la fille d’un riche homme (bis)
Tu n’auras jamais de plaisir, rossignolet du bois joli

Elle te dira d’un jour à l’autre (bis)
Tu n’avais rien quand je t’ai pris, rossignolet du bois joli

Hier tu couchais sur la paille (bis)
Aujourd’hui tu as un bon lit, rossignolet du bois joli

Si tu prends la fille d’un pauvre homme (bis)
Tu auras toujours tes plaisirs, rossignolet du bois joli

Elle te dira d’un jour à l’autre (bis)
Travaillons, gagnons notre vie, rossignolet du bois joli.

vendredi 20 décembre 2019

320 - Adam fut un pauvre homme


L'histoire contenue dans cette chanson n'est pas bien nouvelle. Elle nous ramène aux premiers épisodes de la Genèse. Un homme, une femme, un serpent tentateur et un arbre que nos ancêtres ont défini comme un pommier, probablement parce que cette image était pour eux la plus courante sinon la plus simple. Ce fruit, c'est l'essence même de la connaissance du bien et du mal; ce qui différencie Dieu des simples humains: tout un programme!
Comment un chant qui se rapporte à des événements bien antérieurs à la naissance du Christ peut-il être un “Noël” ? C'est, tout simplement, que ce genre inclut aussi bien des textes relatifs à la nativité que des chansons qui avaient pour seul point commun d'être entonnés à cette période de l'année.
Pour écouter la chanson et lire la suite:

samedi 14 décembre 2019

319 - C’est un p’tit cordonnier


Si on ne retient de cette chanson que la ritournelle “ lundi, mardi, jour de mai” ce ne sont pas les références qui manquent. On la retrouve dans plusieurs chansons à danser du répertoire gallo. Elle y est associée le plus souvent au texte de la Flamande (ou de la servante) qui a tant d'amoureux qu'elle ne sait lequel prendre. C'est d'ailleurs généralement un cordonnier qui a sa préférence. Mais celà n'a rien à voir avec cette chanson-ci.
Son texte parait inspiré d'un conte populaire détaillant la même aventure. Si elle est inédite dans le répertoire traditionnel francophone, elle présente tout de même de curieuses similitudes avec un texte en breton.
Pour écouter la chanson et lire la suite:

vendredi 6 décembre 2019

318 - On dit partout que j’aime


Quel véritable plaisir de pouvoir découvrir, semaine après semaine toute la diversité des chansons de tradition orale ! On passe ainsi, sans transition, des plus sombres complaintes aux poésies les plus aériennes. Si notre précédente livraison sentait le moisi et l'odeur du sang, celle ci embaume la rose et est bercée par le chant des oiseaux. Si bien des chansons traditionnelles sont composées dans un langage à double sens où chacun peut trouver son compte, celle ci s'adresse exclusivement aux amoureux dans un langage qui est tout sauf explicite. Ce qui explique peut être pourquoi elle reste relativement rare dans le répertoire populaire.
Pour écouter la chanson et lire la suite:

mercredi 27 novembre 2019

317 - Alonzo et Imogine


On penserait, avec cette belle chanson, tenir une de ces complaintes immémoriales issues d'une tradition fort ancienne. N'est-il pas question d'un départ pour les croisades ? D'un chevalier casqué, qu'on imagine bien au pied d'une tour courtisant sa belle ? Si le thème, en effet, nous plonge en plein moyen-âge, l'origine de la chanson est beaucoup plus récente. En outre, elle doit sans doute plus à la diffusion écrite qu'à la transmission orale.
Cela ne l'empêche pas d'être un texte magnifique, servi par une mélodie adaptée, qui mériterait mieux que le peu d'interprétations modernes qu'elle a suscité.
Pour écouter la chanson et lire la suite: