mercredi 6 novembre 2019

315 - Nous étions trois frères


Encore une chanson qui va par trois ! Après les trois filles, les trois cavaliers, les trois capitaines, les trois princesses ou les trois sœurs...voici les trois frères (1). Pour respecter la parité, et par ordre d'apparition à l'écran, viennent à passer trois demoiselles. La situation se présente plutôt bien et on peut s'attendre à une fin heureuse, pour une fois. Pourtant, c'est une chanson d'amour qui ne finit ni bien ni mal et qui nous laisse sur notre faim. Peut être lui manque-t-il une fin ? Dommage car la mélodie est agréable et originale.
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samedi 26 octobre 2019

314 - Le meunier et le perroquet


La situation décrite dans cette chanson aurait-elle pu servir de modèle au film “trois hommes et un couffin” ? Sans être identique elle présente quelques analogies. De la même façon, c'est une manière de présenter une histoire sérieuse sous un aspect comique. Il y est tout de même question d'abandon d'enfant. On peut supposer à l'attitude du meunier que s'il garde l'encombrant cadeau c'est qu'il est pour quelque chose dans cette affaire.
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mercredi 16 octobre 2019

Service civique: nouvelle mission


Dastum 44 propose un poste à une personne en service civique pour une durée de huit mois allant jusqu'au 30 juin 2020.
En résumé : La mission proposée par Dastum 44 s'inscrit dans ses objectifs de valorisation du patrimoine culturel immatériel de Bretagne. Les tâches confiées sont: l'accueil du public, la numérisation et la documentation d'archives sonores, écrites ou iconographiques, ainsi que des tâches d'accueil et l'animation d'un blog thématique.
Si vous êtes concerné(e) ou connaissez une personne intéressée vous pourrez obtenir toutes les informations en téléchargeant ce document

313 Entre Paris et Saint-Denis


Paris est, de loin, la ville la plus présente dans les chansons traditionnelles; sa banlieue du “neuf – trois” lui est souvent associée. Ceci peut s'expliquer par des raisons historiques et logiques. Pour autant, il serait vain de rechercher dans des événements précis l'origine de ces textes. Même ceux qui parlent de rejetons royaux.
Cette chanson est issue du répertoire de Marie-Louise Tattevin, de Mesquer, collecté par Fernand Gueriff et par Francine Lancelot. C'est un air à danser le bal paludier
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vendredi 4 octobre 2019

312 - Marie Margoton


La semaine dernière nous vous avons livré une chanson “utilitaire”. Cette semaine attendez vous à réceptionner une chanson “en kit”. Comment définir autrement un assemblage de couplets semblant provenir chacun d'une autre source ? Seul le refrain assure le lien entre ces quatre couplets qui ne parviennent pas à raconter une histoire.
Et quel refrain ! Une serinette qu'on ne saurait trop vous recommander d'éviter de chanter le soir si vous ne voulez pas qu'elle vous reste en tête et vous réveiller avec le lendemain matin. Une de ces rengaines dont on n'arrive plus à se défaire.
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mardi 24 septembre 2019

311 - La chanson excuse


Parmi les curiosités qu'on rencontre dans les collectes en voici une dont l'ancienneté n'est pas avérée et l'origine incertaine. Quelques couplets chantés pour dire qu'on ne va pas le faire, voilà qui ne manque pas d'intriguer. Le répertoire populaire réserve parfois ce genre de surprises, entre deux versions des trois canards et une chanson de bergère. Nous nous éloignons de notre répertoire habituel, mais c'est pour une bonne cause.
Ne vous êtes vous jamais trouvé pris au dépourvu au moment de chanter en public ? C'est exactement ce que suggère ce texte. Alors pour pallier à cet inconvénient, voici quelques couplets qui vous permettront de briller en société; extraits des collectes déposées à Dastum 44; c'est cadeau !
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La recherche de chansons “anciennes” auprès de porteurs de traditions produit parfois des résultats inattendus. Pour beaucoup d'informateurs l'ancienneté d'une chanson se rapporte aux airs entendus dans leur jeunesse, qu'ils soient de tradition orale ou de facture récente. Là où nous cherchons les traces d'une société traditionnelle éteinte, nous récoltons aussi des Paimpolaise ou des Riquita. Celles ci ne sont pas pires que les affligeantes patoiseries, œuvres de lettrés pour qui la tradition est abordée avec l'esprit de Bécassine. Bref, avec notre chanson en forme d'excuse on joint au moins l'utile à l'agréable.

Cette chanson est unique dans les collectes effectuées dans notre secteur. Nous n'en avons pas trouvé trace non plus dans l'ensemble de la base Dastumedia. Le langage utilisé et la musique qui le supporte font penser à une composition du tournant du vingtième siècle. Cependant nous ne pouvons l'affirmer avec certitude. Si cette chanson est peu répandue c'est peut être signe d'une composition locale. Si vous pouvez nous éclairer à ce sujet nous vous en serons reconnaissant.
Le premier vers n'ayant pas été sauvegardé par l'enregistrement originel, nous en avons choisi un de façon arbitraire.

Interprète : Jean-Louis Auneau
source:  Madeleine Oheix, enregistrée en novembre 1992 au Gâvre (Loire-Atlantique) par Patrice et Laurence Maillard
NB: les paroles en italique, ne figurant pas dans l'enregistrement initial, ont été ajoutées par le chanteur.

Ici ce soir pour vous distraire
On m’a prié de dire une chanson
Et c’est volontiers que je cède
A votre aimable invitation
La bonne volonté doit suffire
En principe on doit accepter
Mais qu’est-ce que j’pourrais bien vous dire
Je ne vois pas c’que j’pourrais chanter

J’connaissais bien une chansonnette
Alors que j’étais tout enfant
Je la jouais bien sur ma clarinette
Et l’air était bien entraînant
Cette chanson pourrait vous distraire
Mais au moment d’la débiter
Les paroles manquent à mon affaire
Je n’peux donc pas vous la chanter

De toutes les chansons qu’on fabrique
Y’a pas souvent grand-chose de bon
C’est l’fond qui n’vaut pas la musique
Ou l’air qui n’vaut pas la chanson
Pour en trouver une parfaite
Il faudrait peut-être l’inventer
Mais celle-là n’est pas encore faite
Pour que je puisse vous la chanter

Ma mémoire est un peu rebelle
Mon répertoire est limité
Si bien que je n’saurais laquelle
J’pourrais chanter en société
Si j’avais une table d’inventaire
Ce s’rait commode à consulter
Y’en a même pas au dictionnaire
Je n’peux donc pas vous la chanter

Si en piochant dans le répertoire
Je trouvais quelque chose de bon
Pour satisfaire mon auditoire
Je la chanterais sur tous les tons
Oui mais voilà que ma mémoire
Se remet tout de suite à cafouiller
Alors j'ai fini mon histoire
Et ça va être à vous de chanter


dimanche 15 septembre 2019

310 - Le moine et le cordonnier


Pour notre plus grand plaisir, certaines chansons traditionnelles exploitent un filon qui a fait la renommée du théâtre « de boulevard » avec son triangle infernal : le mari, la femme, l'amant. Quand, en plus, ce dernier rôle est tenu par un ecclésiastique, personnage dont il est assez mal vu de se moquer ouvertement, il s'ajoute à la gaudriole une forme de satire sociale qui ne peut guère s'exprimer autrement.
Notre chanson est localisée dans le bourg d'Escoublac (Escoubia) qui n'est plus aujourd'hui qu'un quartier de la grande station balnéaire de la Baule. La saison estivale vient juste de se terminer. Gageons qu'à l'époque où a été composée cette saynète le front de mer était beaucoup moins fréquenté.
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Au théâtre, le retour précipité du cocu, généralement ponctué d'un « ciel mon mari ! », se traduit par un jeu de cache-cache dont l'accessoire principal est la penderie. Dans la société rurale des siècles précédents, penderies, placards et dressing-room n'avaient pas encore été inclus dans l'habitation. En revanche chaque maison disposait, en guise d'ameublement principal, d'un coffre. La maie fait bien souvent office de fourre tout, de la garde robe au vaisselier, du moins avant que des meubles spécialisés ne remplissent ces fonctions. La maie sert parfois de table aussi bien que de buffet. Ce qui explique qu'elle soit d'une taille conséquente et permette d'y cacher un adulte.
Le père trouve au moins un allié dans cette chanson. Le petit enfant est tout fier de dénoncer la présence de l'intrus. Cette situation ne nous est pas inconnue. On la retrouve, de manière dramatique cette fois, dans la chanson de l'empoisonnement du mari (cf chanson n°224 en novembre 2017).
La vengeance du mari trompé se porte sur le religieux, tantôt présenté comme moine ou comme curé. Ceci prouve bien que ce sont les travers des hommes d'église qui sont principalement dénoncés. D'autres corporations sont régulièrement visées dans ces chansons, en particulier les meuniers ou les tailleurs dont le caractère débauché est souvent rapporté.
Dans d'autres versions de cette chanson quand ce n'est pas le petit enfant qui vend la mèche, c'est le chien qui flaire une présence étrangère. Mais à chaque fois l'aventure se termine par une transaction pécuniaire. Après avoir flanqué une trouille mémorable au moine, le mari est en position de force pour rentabiliser sa situation de cocu.
Si les amants sont généralement issus de ces mêmes milieux, d'une chanson à l'autre les maris appartiennent toujours à des corporations d'un milieu social très modeste : cordonnier ou sabotier le plus souvent. En matière de métiers peu valorisants, le folklore anglo-saxon nous offre une chanson similaire avec un taupier (the molecatcher). Surprenant l'amant de sa femme il veut lui aussi le faire payer. Mais devant la modicité de la somme l'amant se console en se disant que chaque visite ne lui a finalement pas coûté trop cher. Pas très moral ! Mais ce sera, pour aujourd'hui notre façon de protester contre le brexit.

interprètes : Annick Mousset et Isabelle Maillocheau
source : Fernand Guériff – le trésor des chants populaires folkloriques du pays de Guérande, tome 3, page 158 - « chanté par Mme Villais, d'Escoublac, d'après sa grand-tante Mahé, et par la mère Morin, fermière ».
catalogue P. Coirault : 9209 le curé dans la maie

C'est au bourg d'Escoubiâ, p'tit cordonnier l'y a (bis)
Il a t'une femme qui n'est pas à lui (ou : qui est trop jolie)
Les curés et les moines sont tout le temps chez lui

Par un lundi matin le p'tit cordonnier s'en va (bis)
Prit une paire de bottes, la mit dans son bissâ (bis)

Pour lui jouer un tour, est revenu le même jour (bis)
« Ouvre moi la porte femme promptement !
J'ai la goutte à la jambe et la fièvre me prend ! »

N'est pas sitôt rentré, demande le curé (bis)
« Le curé mon père, il est dans la maie,
En place ordinaire où ma mère le met

Liez, liez mes bœufs, liez les promptement (bis)
Je par à Guérande, vendre la maie et tout dedans
J'en trouve six pistoles, ou je fous le feu dedans

Y'a pas de feuilles sur l'arbre qui tremblaient plus fort
Que le pauvre moine qui respirait la mort
« Ouvre moi la porte, p'tit cordonnier joli,
J'irai plus voir femme qui aura mari