dimanche 11 octobre 2020

357 - Chanson du bouquet

 

Si certaines coutumes des mariages semblent venir du fond des âges (1), d'autres, présentes dans les collectes anciennes, ont disparu avec l'évolution des mœurs. Le folklore du mariage d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec les pratiques des temps passés. Plus étonnant: certaines chansons recueillies à diverses époques ne sont déjà plus que des souvenirs de rituels pour les personnes qui les ont chantées. C'est le cas avec cette chanson du bouquet, pourtant pas si ancienne puisqu'entendre au milieu du siècle dernier.

Pour écouter la chanson et lire la suite:


Fernand Gueriff a consacré un tome complet de ses collectes aux traditions du mariage (2). Cet ouvrage est basé sur ses observations en Presqu'ile Guérandaise. Mais c'est au Cellier, commune des bords de Loire où il était réfugié pendant la guerre, qu'il a noté celle-ci. Son informateur, Francis Savary, cultivateur et vigneron, avait 72 ans en 1943. Il lui précise que “Cette romance se chantait aux noces par les invités du marié, sauf le dernier couplet, chanté par la mariée et ses demoiselles”. Et Guériff ajoute en commentaire que les paroles sont “d'une grandiloquence naïve; mais la mélodie remarquable ne déparerait pas la partition du Roi d'Ys, de Lalo”.

Cette chanson, comme bien d'autres liées aux coutumes du mariage, n'est déjà plus d'actualité au moment où le chanteur la communique au collecteur. Les rituels se sont sans doute simplifiés au cours du temps et certaines coutumes abandonnées pour faire place à une certaine modernité. Les chansons qui s'y rapportent ne sont donc plus interprétées qu'à titre de souvenir. Difficile de savoir quand telle ou telle coutume à disparu d'autant que les usages ont pu varier selon les époques mais aussi les endroits. Ainsi, nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer le présent d'un oiseau à la mariée (chanson n° 117 en août 2015), coutume notée au moins en deux endroits en Loire-Atlantique. La présente chanson est associée à l'offrande du bouquet, qui a pu prendre des formes différentes d'un lieu à l'autre.

Cette chanson du bouquet intervenait généralement au moment où les amies de la mariée lui tournaient un compliment avec l'appui de quelques couplets. Les plus connus sont la fameuse “chanson de la mariée” attribuée à l'abbé Gusteau (3). La chanson de l'oiseau, dont nous venons de parler, entre dans la même catégorie. Avec celle-ci ce sont donc plutôt les amis du marié qui entrent en scène. Mais la formule est convenue et laisse peu de place à l'improvisation puisque la mariée et les demoiselles d'honneur doivent répondre au dernier couplet. On est loin des chansons de circonstance bricolées par les ami(e)s des mariés, autre forme d'intervention toujours en vigueur dans les mariages.

Comme le souligne Gueriff, le texte est l'œuvre d'un lettré. La composition n'a rien de populaire, même si elle est du domaine traditionnel. Cet épisode avec offrande du bouquet à la mariée ou, en retour, d'un gâteau par la mariée, remonte à des temps lointains. L'auteur (2) y voit la survivance de coutumes qui existaient peut-être déjà chez les romains. C'est assez dire si leur sens originel nous échappe. Il existe pourtant des usages qui ont résisté plus longtemps et que nous pratiquons encore sans en connaitre l'origine: la soupe à l'oignon par exemple.

Les chansons que nous publions sont faites pour être chantées. C'est une évidence. Pourtant, pour une fois, nous ne vous conseillerons pas d'essayer de placer celle-ci au prochain mariage où vous serez invités. Vous risquez le bide ! Contentez vous d'écouter les autres invités entonner la danse des canards; et souffrez en silence !

Pour compléter ce tour d'horizon des coutumes de mariage vous pourrez aussi consulter quelques autres chansons déjà publiées sur notre blog:

N° 84 – décembre 2014 - le coucher de la mariée

N° 85 – décembre 2014 - voici le jour aimable (chanson du marié)

N° 117 – août 2015 - chanson de la mariée (l'oiseau)

N° 194 – avril 2017 - le bouquet de saulde

N° 238 – mars 2018 - j'sommes venus vous inviter (de facture plus récente)


notes

1 – une formule habile pour dire qu'on ne sait absolument pas de quand ça date. En matière d'ancienneté tout est relatif; n'importe quel collecteur de chansons et de traditions pourra vous le confirmer.

2 – Le folklore du mariage; Coutumes et chants du pays de Guérande – tome 2 du “Trésor des chants populaires folkloriques du pays de Guérande” (Dastum 44 /Parc naturel régional de Brière – 2005) – un bel ouvrage et peu onéreux; voir rubrique “nos éditions”

3 – voir à son sujet les commentaires de la chanson n° 49, d'avril 2014 (le jardinier français)


interprète: Liliane Berthe

source: Chanté à Fernand Gueriff par Francis Savary, cultivateur vigneron à la Grande Funerie, commune du Cellier, en 1943 - publiée dans Nantes et le Pays de la Mée – cahier 1984 de l'Académie de Bretagne, dans un article intitulé: « Cueillette Musicale au Pays de la Mée »

non cataloguée


Amis ne soyez point surpris

Qui vient frapper à votre porte,

C’est au sujet de ma douce amie,

Pour elle que l’amour m’y transporte !


Je suis venu dans ce beau jour

Pour m’unir à cette conquête

A la voix d’un amant si doux

Viens donc, tu seras ma maîtresse.


Avec tous mes garçons d’honneur,

Je viens à travers ces bocages,

De ma main t’offrir une fleur,

Viens donc en recevoir le gage,


Après t’avoir toujours promis

Que je serai toujours fidèle

Eh bien, je le suis aujourd’hui.

Ce sera pour signaler mon zèle.


Eh quoi, si je verse des pleurs,

Crois-tu donc que je t’abandonne ?

Ce serait pour moi un malheur,

Si je t’abandonnais, ma bonne.


Mais si tu ranimes tes pleurs,

Crois-tu donc que je t’abandonne ?

Ce serait pour moi un honneur

Si nous les versions ensemble.


Le ministre de Jésus-Christ

Qui s’y prépare à son autel

Il va de sa main nous bénir,

Nous unir d’amour éternelle.


En voyant ce bel anneau d’or,

Viens donc recevoir cette alliance

Avec la couronne d’honneur

Je conserverai ta constance.


- Mon cher amant, viens dans mes bras.

Mouche toi pour essuyer tes larmes

Je suis l’objet de tes appâts.

Viens mettre fin à mes alarmes.

dimanche 4 octobre 2020

356 - L'amant perdu

 Le répertoire des chansons d'amour comporte un nombre important de chansons de rupture. C'est que tout ne va pas toujours pour le mieux dans la relation amoureuse. A qui la faute ? Certaines chansons nous affirment régulièrement que les garçons sont trompeurs et caressent plus volontiers la bouteille que leur amie. D'autres prétendent au contraire que les filles sont volages et changent d'amant comme d'avis. Tout dépend du point de vue dans lequel on se place. Cette semaine c'est celui d'une jeune fille écœurée de l'attitude de son ex que nous vous proposons.

Pour écouter la chanson et lire la suite :

La chanson de l'amant perdu n'essaye même pas de faire rimer amour avec toujours. La belle nous avoue d'emblée qu'elle n'avait pas qu'un amant. Mais le dépit d'être abandonnée par son préféré semble l'avoir dégouté des hommes. Jurant, mais un peu tard, qu'on ne l'y reprendrait plus, elle en profite pour mettre tous les galants dans le même sac. Cette disposition d'esprit n'est peut-être que provisoire, mais en attendant, elle a sa fierté. Pas question d'admettre qu'elle s'est fait larguer. Elle veut qu'on sache que c'est elle qui a choisi la séparation. Les motifs n'ont rien d'original. Ce sont ceux qu'on retrouve dans la plupart des chansons : le garçon est un coureur de filles et, de plus, passe son temps à boire. Dans ces conditions elle tient aussi à proclamer que ce n'est pas une grosse perte. Avis à celles qui voudraient tenter l'expérience !

Voici une chanson que Patrice Coirault aurait pu classer dans la catégorie des « belles saboulées » au chapitre « dissensions ». Mais le célèbre folkloriste n'a pas retenu cette chanson type dans son répertoire des chansons françaises de tradition orale. Peut-être n'a-t-elle pas été suffisamment repérée dans les ouvrages qui ont servi à l'établissement de cet inventaire. Tout juste peut-on lui trouver une certaine analogie avec d'autres chansons de cette catégorie. 

Comme nous l'avons déjà souligné l'intérêt d'exhumer de recueils anciens des pièces de ce genre c'est de noter une évolution du répertoire traditionnel. Ce n'est pas la première fois que le cahier du ménétrier Poiraud nous en offre un exemple. Le répertoire qu'il contient était en vogue dans le Pays de Retz et plus particulièrement dans le secteur de Pornic voici à peu près 170 ans. Si certaines pièces nous sont parvenues intactes jusqu'à aujourd'hui, trouvant place dans les collectes les plus récentes, d'autres ont disparu de la circulation. Plusieurs raisons peuvent être invoquées. Des chansons liées à la danse en rond qui a cessé d'être pratiquée par endroits ; des chansons qui n'ont pu survivre via le répertoire pour enfants dans lequel bien des textes folkloriques sont cantonnés depuis la fin du 19è siècle. Il faut bien avouer que celle ci peut difficilement être versée dans le répertoire enfantin. Ses propos sont trop crus.

Bref, nous ne résoudrons pas ce problème aujourd'hui. Profitons en pour revenir sur le terme « saboulé » si cher à Coirault. Tout comme ces chansons particulières ce mot a perdu son usage dans la langue contemporaine. Synonyme de « tourmenter, houspiller, réprimander, tancer avec véhémence » il correspond bien aux disputes entre amoureux et à leurs conséquences. Déjà, à l'époque où Coirault établissait son catalogage des chansons, le mot n'était plus d'un usage populaire. Son origine (1) viendrait « d'un jeu d'enfants dans lequel celui qui avait fait une faute était frappé avec une peau d'anguille remplie de sable ». Encore une anguille !


note
1 – d'après la définition du dictionnaire encyclopédique Quillet, édition de 1950.

interprètes : Armelle Petit, avec Liliane Berthe et Christine Dufourmantelle

source : Quatre vingt chansons du Pays de Retz, cahier du violoneux Poiraud, (fin 19è siècle) compilé par Michel Gautier

catalogue P. Coirault : non cataloguée


1) J’ai vu que j’avais tant d’amants, mais à présent, je n’en ai plus. ( bis)
    Mais à présent, je n’en ai plus. 
    Car celui que j’aimais le mieux, est celui que je hais le plus.
    Amants qui m’avez donné peine, ma foi vous ne m’en donnerez plus. ( bis )

2) Car celui que j’aimais le mieux est celui que je hais le plus.  ( bis )
    Est celui que je hais le plus.
    Il s’en va dire à tout le monde que de moi il n’a pas voulu.
    Amants ...

3) Il s’en va dire ... 
    Je peux prouver tout le contraire. C’est moi qui n’en ai pas voulu.
    Amants ...

4) Je peux prouver ...
    Il fait l’amour à toutes les filles, à la bouteille encore plus.
    Amants ...

5) Il fait l’amour ...
    Je peux vous assurer, mesdames, que je n’ai pas beaucoup perdu.
    Amants ...

dimanche 27 septembre 2020

355 - Je vous aimerais tant !

 Trois chansons à la marche au menu de cette semaine : la première et la deuxième sont indubitablement des marches de noces ; la troisième vient du répertoire de conscrits. Nous avons là deux des occasions où le chant accompagnait les déplacements à pieds. Cortèges de noces et conseils de révision sont des événements marquants qui justifient un répertoire approprié. Cela n'empêche pas que ces chansons aient pu être utilisés lors de circonstances plus banales. Chanter en marchant a pour effet de faciliter la marche et réduire non pas les distances mais la perception de leur longueur.

Pour écouter les chansons et lire la suite :

Nous avons déjà abondamment commenté le principe de la chanson « à la marche » dans ce blog. C'est un genre qui utilise à la fois des textes complets sous forme de laisse, c'est à dire de reprise du dernier vers du couplet précédent, et des chansons à décompter. Très majoritairement de sont les nombres décroissants qui sont utilisés de 10 à 1. Dans le répertoire ces dizaines se comptent...par centaines aussi bien pour la marche que pour la danse.

Les chansons à la dizaine égrènent habituellement les heures :

Voilà dix heures que nous marchons, pas à pas nous arrivons...

les années, comme dans le second exemple :

Y'a bien dix ans que ça dure...

beaucoup plus rarement les minutes :

C'est dans dix minutes, la belle va dire oui...

Voilà pour celles qui donnent la mesure du temps.

Ce n'est donc pratiquement jamais la distance parcourue qui constitue la référence. Si les kilomètres à pied usent les souliers c'est dans le folklore militaire ou celui des jolies colonies de vacances.

La chanson collectée par Fernand Gueriff est donc tout à fait originale avec cette notion de lieue, complètement surannée depuis l'adoption du système métrique et l'apparition des bornes sur le bord des routes. La demoiselle Jacobert, qui lui a appris cette dizaine, avait bien pris soin de préciser qu'on la chantait à l'occasion des noces. Il en va de même pour notre deuxième dizaine. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette chanson à la marche fait appel à un autre mode de déplacement. C'est de voiture hippomobile qu'il est question. On peut supposer que la mariée puisse se rendre à l'église et à la mairie dans un moyen de locomotion qui lui évite les fatigues de la marche et les risques de salir sa robe. Si les deux amants attendent le mariage depuis trop longtemps, l'appel à se faire enmener en voiture est donc bien justifié.

La troisième dizaine n'a sans doute pas grand chose à faire dans un cortège de noces. Ou alors en toute fin de soirée, par dérision. En revanche elle nous plonge dans l'univers bien particulier des réunions de conscrits, appelés au conseil de révision. Celui-ci se tenant généralement au chef lieu de canton impliquait un déplacement qui s'effectuait dans une toute autre ambiance sur le chemin du retour pour les garçons déclarés bons pour le service.


interprètes : Liliane Berthe, Christine Dufourmantelle, Armelle Petit

sources : 1 - Melle Jacobert, de Puceul, en 1940, publiée Fernand Guériff sous le titre « Cueillette Musicale au Pays de la Mée » dans Nantes et le Pays de la Mée – cahier 1984 de l'Académie de Bretagne. 2 et 3 – collectes d'Hervé Dréan chez Paul Le Rouzic, de Férel (2) Edouard Sébilot d' Herbignac (3)


Je vous aimerais tant !


Y’a cor 10 lieues à faire à pied, je commence à m’ennuyer (bis)

Ah ! Si j’étais rendu vraiment, je vous aim’rais t’y, je vous aim’rais tant,

Ah ! Si j’étais rendu vraiment, je vous aim’rais tendrement


Y'a bien dix ans que ça dure


Y'a bien dix ans que ça dure

Emmène moi z'en voiture


Emmène moi z'en voiture, mon bel aimant

Emmène moi z'en voiture bien doucement


Y'a bien dix heures sans doute


Y'a bien dix heures sans doute

que nous marchons sur la route


Si nous avons bu un petit coup

Il ne faut pas dire du mal de nous


dimanche 20 septembre 2020

354 - Le marché aux hommes

 Sur le marché on fait de bonnes affaires : cette semaine nous vous livrons deux chansons pour le prix d'une. Deux thèmes imbriqués dans une mélodie mais un seul sujet : méfiez vous des hommes les filles. On n'est pas loin de la dénonciation des violences conjugales. La chanson prend le parti de s'en moquer en relevant que les hommes ne valent pas le prix qu'on peut y mettre. Les comparaisons animalières ne manquent pas pour expliquer que la méchanceté est dans la nature des mâles. Encore une fois la chanson aborde un sujet sérieux sous la forme de moquerie plutôt que sous la forme d'une dénonciation brutale.

pour écouter la chanson et lire la suite :


En écoutant ou en interprétant cette chanson on ressent comme un malaise quand elle se fait hésitante, au sixième couplet. Passé ce moment de flou, le couplet suivant donne l'impression qu'on a changé de chanson. C'est probablement ce qui s'est passé. Le thème ainsi que la structure constante des vers de sept pieds assurent une certaine cohérence à l'ensemble. Mais nous sommes une fois de plus en présence d'une forme composite.

Les premiers couplets, qui donnent à la chanson son titre, présentent une certaine originalité. C'est un thème qu'on trouve rarement dans les collectes. En revanche, les derniers couplets apparaissent fréquemment dans d'autres chansons sous cette forme de dispute sur le caractère supposé des hommes, des femmes et des jeunes filles, avec des arguments réversibles. Celle ci est à sens unique ; c'est bien du fichu caractère des hommes changeant après le mariage qu'il est question.

La chanson vient du cahier du ménétrier Poiraud où nous avons déjà puisé quelques belles pièces. Nous savons peu de choses sur ce violoneux qui nous a livré un répertoire de quatre vingt chansons, transcrites vers la fin du dix neuvième siècle dans le Pays de Retz et plusieurs fois recopiées. Dans ce même secteur, autour de Pornic, cette chanson a été notée par le docteur Bellanger, l'un des informateurs d'Armand Guéraud aux temps de la fameuse enquête Ampère-Fortoul. En compilant les recueils de Poiraud et de Bellanger on peut sans doute avoir une bonne idée de ce qui se chantait dans cette région à cette époque. On trouve parmi ces chansons des thèmes immuables, mais aussi des chansons comme celle ci qui ont disparu des collectes plus récentes. Il est donc particulièrement intéressant de pouvoir disposer de ces témoignages anciens.

Deux autres versions sont signalées par Guéraud, venant toutes deux de Vendée (Montaigu et Fontenay le Comte). Mais l'histoire la plus complète de cet homme acheté au marché c'est en Wallonie qu'on la trouve (1). L'acheteuse se fait dérober son achat et regrette de ne pas avoir investi plutôt ses cinq sous dans des rubans !.

Dans le nord de la Mayenne (2) la transaction se résume à un seul couplet mais très explicite :

A deux liards sont les garçons

A cent écus les filles

et l'argument principal reste le même :

jamais souris n'a pris de chat

Jamais fille n'a fait de mal

L'argument constant dans toutes les chansons est celui de ce sixième couplet. Un message qui n'est pas particulier à cette chanson mais devient ici l'élément pivot entre la transaction du début et la morale de la fin. L'assonance en « euse » donne ailleurs des mains plus « outrageuses » que « vigoureuses » et sert d'avertissement à la jeune fille :

Tu te repentiras de ta jeunesse heureuse

Après cela, y-a-t-il encore des candidates au mariage ???


notes

1 – recueil d'airs de cramignons et de chansons populaires à Liège – Léonard Terry et Léopold Chaumont (1889)

2 – Ecoutez gens de la Mayenne (Mayenne culture/Aedam musicae – 2016) – reprise de « chansons traditionnelles de la Mayenne » - François Redhon (1983)


interprète : Armelle Petit

source : Quatre vingt chansons du Pays de Retz, cahier du violoneux Poiraud, (fin 19è siècle) compilé par Michel Gautier

catalogue P. Coirault : Les hommes ne sont bons que par aventure (2412- moqueries) et le galant acheté au marché (2413 - moqueries)



Au marché je suis allé

Au marché je suis allé

C'est pour un homme acheter

C'est de bonne grâce

Tout le monde fait l'amour

Et moi je m'en passe


C'est pour un homme acheter

C'est pour un homme acheter

On me l'a fait six deniers

C'est de bonne grâce

Tout le monde fait l'amour

Et moi je m'en passe


Six deniers sont pas assez

Six deniers sont pas assez

Car les hommes à marier

C'est de bonne grâce

Tout le monde fait l'amour

Et moi je m'en passe


Car les hommes à marier

Car les hommes à marier

Complaisants ils sont assez

C'est de bonne grâce

Tout le monde fait l'amour

Et moi je m'en passe


Mais quand ils sont mariés

Mais quand ils sont mariés

Sont des diables déchainés

C'est de bonne grâce

Tout le monde fait l'amour

Et moi je m'en passe


Ils disent je veux ceci

Ils disent je veux cela

Et tu passeras par là

Pauvre malheureuse

Et tu sentiras sur toi

sa main vigoureuse


Quand les hommes seront bons

les poules deviendront chapons (bis)

C'est contre nature

Jamais n'a rien fait de bien

Que par aventure


Quand les femmes feront mal

Les rats mont'ront à cheval (bis)

Drôle de nature

Jamais femme n'a fait de mal

Que par aventure


Quand les garçons feront bien

Les lièvres attrap'ront les chiens (bis)

C'est contre nature

Jamais garçon n'a fait bien

Que par aventure


Les filles sont toujours gaies (bis)

Comme roses dans les rosiers

Gai, gai, gai les filles

Les filles sont toujours gaies

Et toujours gentilles


jeudi 10 septembre 2020

353 - La ceinture


La jeune fille qui s'exprime dans cette chanson ne sait pas trop quel est son sentiment dominant. Son amant lui fait un cadeau qu'elle sait sans équivoque. Elle ne sait pas encore si elle doit s'en réjouir ou s'en inquiéter. Elle nous fait partager ses hésitations, ses craintes et, finalement, son contentement. Cette chanson recueillie au milieu du 19è siècle n'est plus chantée de nos jours. Dommage, car son aspect suranné fait tout son charme, mais nécessite quand même quelques explications.
pour écouter la chanson et lire la suite :

jeudi 27 août 2020

352 Ne vous y fiez pas


Parmi toutes les chansons qui mettent en garde les jeunes filles sur l'attitude des hommes celle ci n'est pas la plus courante. Et pas la moins intéressante non plus. Recueillie dans le Pays de Retz au milieu du 19è siècle, elle a pratiquement disparu des écrans radar depuis. On ne la retrouve plus dans les collectes plus récentes. Est-ce parce que le sujet qu'elle aborde n'est plus (ou moins) d'actualité ? Est ce parce qu'à cette époque elle n'était pas suffisamment répandue pour que la tradition orale la conserve ?
pour écouter la chanson et lire la suite :

dimanche 9 août 2020

351 - L'anguille dans la gerbe de blé


Marie-Margoton 2 : le retour. Ce refrain entêtant vous rappelle sans doute une chanson publiée récemment (1). Nous vous avions alors promis d'y revenir. C'est fait.
Certes l'été est propice aux rediffusions, mais cette Marie-Margoton n'a rien à voir avec Angélique marquise des anges ou la Septième compagnie au clair de lune. C'est une tout autre chanson que nous vous proposons cette semaine. Un thème que vous avez déjà probablement entendu, mais avec un parfum très local, et, en vedette principale, une habituée des chansons traditionnelles : l'anguille.
Pour écouter la chanson et lire la suite :