vendredi 4 mars 2016

142 – les adieux à Angélique (la fille-soldat)

Engagez-vous, rengagez-vous qu'elles disaient !...le thème de la fille soldat est décidément très présent dans la tradition orale. L'histoire de cette fille-soldat blessée au bras est beaucoup plus fréquente dans les collectes que celle de la semaine dernière. Contrairement à elle, la charmante Angélique attend le départ de son amant pour aller le rejoindre au régiment. La situation n'est guère plus crédible, mais dans les chansons comme dans les contes, tout est permis du moment que l'histoire est belle.
La présence d'éléments féminins aux combats relève sans doute autant du fantasme que de faits réels. Les guerrières, amazones, et autres femmes pirates qui font le sujet de chansons ne doivent pas masquer le thème principal qui est celui de la séparation des amants. Alors pourquoi ne pas rêver un peu. Historique ou imaginée, cette aventure nous change des fins habituellement tragiques. Voyons cela plus en détail.
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vendredi 26 février 2016

141 - Eveillez-vous la belle (Le départ du soldat)

Le départ des soldats, pour des campagnes interminables ou des mers lointaines, nous a laissé une quantité de chansons sur le thème de l'abandon. Pleurs et fatalisme dominent dans ce répertoire, mais on voit encore assez souvent une forme de rébellion chez celle qui ne peut se résigner à attendre le retour du bien aimé. On en voit qui s'engagent, avec ou sans le consentement de leur amant, et qui parviennent à le suivre jusqu'au combat où seule une blessure permet de révéler leur stratagème.
Notre chanson, qui vient du répertoire de la presqu'ile guérandaise, est basé sur un dialogue entre les deux jeunes gens. Le garçon essaye en vain de dissuader sa belle qui trouve toujours un argument contraire. Elle se termine sur une idylle patriotico-amoureuse où les deux amants s'engagent pour le meilleur et pour le pire. Une conclusion heureuse qui pose question sur l'origine de cette chanson.
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samedi 20 février 2016

140 - La semaine du galant

Il s'en passe des choses en une semaine. Tout d'abord vous retrouvez sur ce blog une nouvelle chanson ; et dans cette chanson une intrigue complète qui débute le lundi pour trouver son dénouement le dimanche. Le galant presse sa belle de répondre à sa demande. Mais celle ci le fait lanterner et trouve à chaque jour un motif de remettre au lendemain. Habile façon de faire durer le suspense et la chanson ; ce qui nous garantit sept couplets avant l'épilogue qui nous renseigne sur les motifs de la jeune fille. Elle se venge à sa manière d'un amant qui l'avait délaissée.
Utiliser les jours de la semaine ou les mois de l'année est un procédé énumératif courant. Mais cette histoire d'amour en sept jours n'est pas si fréquente dans la tradition orale...
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vendredi 12 février 2016

139 - Il y a un garçon honteux dans cette ville

Les semaines, les chansons et les garçons se suivent et ne se ressemblent pas. Celui de la semaine passée était « de bonne mine » et plutôt entreprenant. Son successeur est « honteux » et du genre timide. Sa belle est obligée de prendre l'initiative, avec toutes les précautions d'usage.
Contrairement à la précédente cette chanson est assez peu répandue. Si le proverbe « Jamais amoureux honteux n'eut de belle amie » apparaît comme refrain d'une chanson dès la fin du 17ème siècle (1) il n'a pas eu le succès de l'amour qui prend racine. Sa présence dans le répertoire oral de Haute-Bretagne ou d'ailleurs est suffisamment rare pour qu'on s'y intéresse un peu.
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L'oiseau de la mariée (suite)

Il nous arrive assez souvent de vous solliciter pour compléter nos connaissances sur certaines chansons. Merci à tous ceux et celles qui participent ou ajoutent leurs commentaires.
Un exemple : la chanson n° 117, une version de la chanson de la mariée, nous posait question sur la coutume d'offrir à la jeune femme, dans un plat, un oiseau qu'on laissait s'envoler à la fin de la chanson.
On nous a signalé une autre source pour cette coutume non plus à Campbon mais cette fois à Vallet, dans le vignoble. Elle est rapportée par Joseph Stany-Gauthier dans un ouvrage sur le folklore de la Loire-Inférieure paru en 1957 :
« L. Delattre, dans l'Intermédiaire nantais en 1907, signale une curieuse coutume observée avant la guerre de 1870, à Vallet. Les jeunes filles apportaient au repas de noces deux tourterelles cachées dans une large soupière. La mariée sollicitée d'enlever le couvercle, les gracieux volatiles prenaient leur envol ».
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vendredi 5 février 2016

138 - Garçon de bonne mine

Si l'amour prenait racine j'en planterais dans mon jardin...la formule est magnifique. Elle a sans doute beaucoup fait pour le succès de cette chanson d'amour très répandue dans la tradition.
Ça commence par une petite brouille entre amoureux, suivie d'une réconciliation nocturne à l'insu des parents. Le décor étant dressé, on en vient aux réflexions philosophiques sur la brièveté des bons moments et la manière de les faire durer. Ce qui nous donne une des plus belles chansons d'amour de la tradition orale ; et qui, pour une fois, a le bon goût de ne pas finir tragiquement. Voyons cela en détail.
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vendredi 29 janvier 2016

137 - C’était par un beau soir

Nous avons entendu à plusieurs reprises cette version du « galant qui voit mourir sa mie », dans le pays de Guérande. Elle représente une évolution de ce thème ou l'amant court chercher le médecin qui ne pourra sauver sa belle. Ce mélodrame inclut habituellement un passage où
Elle a tiré sa blanche main du lit
Pour dire adieu à son ami
Le galant, inconsolable, à qui ont fait remarquer :
N'y a-t-il pas d'autres filles en Nantes
N'y a-t-il pas la fille du président
qui a de l'or et de l'argent
répond invariablement :
J'aimerais mieux ma mie nue en chemise...
Notre version locale a un peu simplifié le scénario et y ajoute des expressions parodiques qui prêtent plus à sourire qu'à pleurer. En plus, une question demeure sans réponse : mais qui est donc ce médecin de Nantes, si présent dans les chansons traditionnelles ?
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