vendredi 13 septembre 2013

21 - Qui veut avoir misère ?


Cette fois c'est bien fini. La bronzette sur les plages, les ballades en montagne, les festivals estivaux...vous avez repris le chemin du bureau, de l'école, de l'atelier. Le coup de blues vous guette. Justement, cette semaine c'est un vrai blues francophone qui illustre notre répertoire.

Rien à voir avec Coluche, cette misère là vient de loin. D'aussi loin que les soucis du ménage ont chassé les joies de la noce. Le thème a été maintes fois décliné, jusque dans ces pages ; vous pourrez en profiter pour réécouter la chanson n°3 « l'embarras du ménage ». Notre blues ligérien a été collecté à la Chapelle Basse Mer, sur les coteaux recouverts de rangs de vigne que les géographes définissent comme les derniers reliefs du sillon de Bretagne.
Ce thème est fréquemment tombé dans l'oreille ou le micro des collecteurs de l'ouest. Parmi ceux....
pour lire la suite et écouter la chanson
 

 
 
...qui l'ont imprimé : Soreau, mais aussi Gueriff dans le pays de Guérande, Guéraud à Vieillevigne en Loire-Atlantique, Hervé Dréan à Saint Dolay (56), Bujeaud à Saint Jean d'Angely (17) entre autres. Toutes ces versions sont assez proches tant par la mélodie que par les paroles. La robe de noces et le bouquet d'oranger sont des symboles. Passe encore que l'huissier les emporte ; mais la poêle à fricasser et le coffre ! Ce dernier élément essentiel qui sert à remiser habits et effets personnels dénote la pauvreté du mobilier dans les masures de l'ancien temps. On est en plein mélo ; misère, misère !

Qui veut avoir misère ?

Qui veut avoir misère (bis)
N’a qu’à s’y marier, laridaine
N’a qu’à s’y marier, laridé

Au premier soir des noces (bis)
Misère vient pour entrer, laridaine…

Je n’y loge point misère / J’n’y loge que la gaité

Au troisième soir des noces / Misère est au foyer

Ah, dites-moi donc, misère / Par où es-tu entrée

J’suis entrée par la porte / De la porte au foyer

Misère a pris racine / N’a voulu s’en aller

Au sixième soir des noces / J’ai vu rentrer l’huissier

L’ont emporté mes coffres / Ma poêle à fricasser

Ma jolie robe de noces / Mon bouquet d’oranger

Maint’nant, ma jupe traine / Sur des sabots percés.

source : Mme Emeriau, à la Chapelle-Basse-Mer, en avril 1904
catalogue Coirault : n° 05418 qui veut avoir misère n'a qu'à s'y marier
interprète : Janig Juteau

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