vendredi 10 juillet 2015

113 - L'Amiral Gervais

Nous allons fêter prochainement le 14 juillet commémorant la brise de la pastille. Profitons en pour glisser dans ce blog une petite chanson patriotique. Encore une fois ce texte, malgré les apparences, ne peut être classé dans le domaine de la tradition. Son auteur est connu : Il s'agit de Yann Nibor, véritable poète de la marine. Ses compositions ne sont pas des chants de marins mais des chansons sur la vie des marins.
Ce qui motive l'enregistrement de cette chanson c'est qu'elle correspond au travail effectué par l'association Dastum 44 sur les chansons liées à la guerre de 14-18. Elle est de la veine de tous ces textes qui préparent l'opinion au prochain conflit.
La conférence proposée sur ce sujet est présentée dans la rubrique « nos prestations ».

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Le mystère de l'Erdre enfin résolu !

Nous en savons aujourd'hui un peu plus sur la chanson « les mystères de l'Erdre » mise en ligne en novembre dernier (n° 79). Nous devons un grand merci à Maxou Heintzen (1), infatigable chercheur et grand spécialiste des complaintes criminelles, grâce à qui l'affaire a pu être datée et précisée.
Au cours de ses recherches, Maxou a retrouvé la feuille volante à la BNF, où elle porte le cachet du dépôt légal 1884. Des précisions importantes sont données par la presse de l'époque, comme vous pourrez le voir sur cet article du“Petit Parisien” du 7 juin 1884 (l'article débute en bas à gauche)
Voilà donc les indications qui nous manquaient : le crime a eu lieu le 18 janvier 1884. Le procès s'est tenu début juin, et la feuille volante (qui cite le jugement) a été imprimée dans la foulée . L'article suggère le mobile du crime : Constance était enceinte de trois mois et Donatien n'avait aucune intention de l'épouser.
Après sa condamnation, Donatien Hémion a été transporté en Nouvelle Calédonie (2).

notes
1 – Jean-François « Maxou » Heintzen, musicien du groupe la Chavannée, est l'auteur de la rubrique Pattes de mouches et rats d'archives dans la revue Trad'magazine. Il se définit lui même comme membre de « l’université de Cherchologie du Centre » et est, en fait, titulaire d’un doctorat d’histoire sur les pratiques musicales des milieux populaires dans le centre de la France.

2 - d'après la base de données qui recense les dossiers individuels des condamnés aux bagnes coloniaux, conservés aux Archives nationales d'outre-mer.

samedi 4 juillet 2015

112 - Bonjour, belle bergère

Le personnel féminin en charge du cheptel ovin (1) est omniprésent dans la chanson traditionnelle. Ce goût pour les bergères a atteint son paroxysme au 18ème siècle où la vogue des bergères, bergerettes, bergeries et pastourelles...a donné naissance à tout un répertoire. Il existe toute une série de chanson dialoguées entre une bergère et un « monsieur ». La nuance a son importance car il ne s'agit pas du dialogue entre deux amoureux mais bien d'un prétendant d'une condition et d'un âge supérieurs qui tente de séduire une petite jeunette exerçant une occupation du bas de l'échelle sociale (2). Garder les animaux aux champs ne requiert aucune compétence particulière. On y envoyait souvent les enfants et les jeunes filles malgré les dangers inhérents à cet isolement. De nombreuses chansons populaires nous décrivent les risques encourus.
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vendredi 26 juin 2015

A table !

Notre CD « chants des plaisirs de la table » sortira officiellement en septembre. Nous vous avons déjà parlé de ce nouveau concentré de répertoire. Après les chants à la marche et chants et musiques à danser, c'est le troisième volet de la collection « ...en Loire-Atlantique »
Cette galette très complète fait le tour des traditions du boire et du manger avec 23 chansons allant de la ballade au chant à boire, pour toutes les occasions de faire la fête. Pommes de terre, civelles, brochet beurre blanc et muscadet sont au menu. Toutes les interprétations, très variées, sont basées sur le répertoire collecté dans le département. Il sera en vente au prix de 15 euros.
Pour être sur de ne pas manquer cet événement, deux solutions :

  • souscrivez dès maintenant en nous adressant votre règlement par chèque, avec vos noms et adresse, à : Dastum 44 - 69 rue de Bel Air - 44000 Nantes
  • participez au repas chanté organisé pour la sortie du disque, dimanche 27 septembre à Derval (sur inscriptions – 16 €)   

111 - Quand Margotton sort de sa cour

Petites annonces chantées : « échangerais vieux mari malade contre jeune amant bien portant » et « à saisir : vieille peau pour articles de maroquinerie ». Où est donc la morale dans cette chanson ?
Elle appartient à la vaste série des « mal-mariées » qui évoquent les griefs des femmes à l’encontre de leurs maris. Les reproches les plus fréquents portent sur les violences conjugales, l’intempérance, l’infidélité, ou bien, comme ici, sur l’âge du mari lorsqu’il est bien plus élevé que celui de son épouse. Celle-ci rêve alors de se débarrasser de son conjoint, y compris par les moyens les plus expéditifs, qui sont l’expression poétique de sa frustration.
L'interprétation que vous allez entendre vient des concerts organisés pour les vingt ans de Dastum 44. L'original lui même figure sur le double CD « anthologie du patrimoine oral de Loire-Atlantique » publié à cette occasion (1)
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vendredi 19 juin 2015

110 - Le garçon marinier

La chanson que nous vous proposons cette semaine a été publiée dans le tome 4 des ouvrages de Fernand Guériff, consacré en partie à la danse (1). Ce bal paludier a été recueilli par Guériff auprès du cercle celtique des paludiers, à Saillé. Pourtant, ce n'est pas vraiment une chanson traditionnelle.
Dans ce cas, nous direz vous, c'est rudement bien imité. Nous avons là, en une dizaine de vers, un véritable catalogue de la tradition francophone regroupant un certain nombre d'images, voir de clichés présents dans plusieurs chansons types. Cette simple coïncidence est déjà une indication de la facture récente de ce texte. Le refrain inédit en est une autre. Mais voyons tout cela en détail :

vendredi 12 juin 2015

109 - Le chaudronnier dans le four

Dans les chansons traditionnelles, les galants dont les aventures amoureuses finissent de façon tragi-comique exercent souvent les mêmes professions. Pour les tailleurs ou les boulangers, la moquerie populaire est peut être une façon de se venger de professions soupçonnées, à tort ou à raison, de profiter de leur situation. Pour les marchants ambulants, comme notre chaudronnier, c'est aussi l'éternelle méfiance vis à vis des « voyageurs » qui s'exprime.
Cette chanson, issue des archives sonores de Loire-Atlantique est certainement une des plus complètes de ce type. Tous les détails de cette aventure fort ancienne (1) se retrouvent en partie dans d'autres versions (2). Plus d'un siècle après les premières collectes et près de trois cent ans après la première publication, la tradition orale nous restitue, mot pour mot, les détails de cette aventure.
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