vendredi 22 juin 2018

254 - C'était une petite religieuse


Préférez vous être réincarné en hirondelle ou en pigeon ? Répondez à cette question avant d'écouter la chanson, vous pourriez vous laisser influencer par le choix de la jeune fille séparée de son amant. La scène se passe dans un couvent où son père l'a fait enfermer. Souvent, dans ce type de chansons, il l'a fait mettre dans une tour ce qui cause la perte définitive du garçon. Ici, le texte de notre version est incomplet et vous aurez donc tout loisir d'imaginer une fin heureuse ou malheureuse selon votre humeur du moment.
Pour écouter la chanson et lire la suite :


Même si la jeune fille est qualifiée de « petite religieuse » il ne faut pas considérer qu'elle est entrée dans les ordres. Sinon la suite de la chanson n'aurait aucun sens. Si on considère l'ancienneté cette chanson, il faut se souvenir qu'à une époque lointaine l'éducation des jeunes filles était exclusivement confiée à l'église. Dans leur paroisse pour leur plus jeune âge ; puis, pour les filles de familles riches, ce sont les institutions religieuses qui prenaient le relais. Le couvent est donc une pension où les demoiselles attendaient soit de rentrer dans les ordres, pour les plus influençables, soit que leurs parents leur aient trouvé un prétendant. Souvent cette réclusion servait à éviter les conséquences d'une liaison trop précoce, comme cela semble être le cas ici. Dans ces établissements les jeunes filles recevaient une éducation basée sur les lettres, le calcul, l'histoire...avec une forte dose de religion. Mais aussi tout un programme destiné à en faire des épouses convenables dans l'esprit de l'époque. Des matières allant de la cuisine et la couture jusqu'à la danse, la peinture et la musique leur permettaient de tenir leur place dans la bonne société.
Ainsi on comprend plus facilement la réaction de la « bonne mère » vis à vis d'une pensionnaire qui a dérogé aux règles de la communauté. Pensez donc, jouer aux cartes avec son amant ! Se sont ils bien contentés de jouer au cartes ? C'est qu'apparemment on s'ennuie ferme dans cette institution.
Et nous revoilà aux prises avec la question du jour. Les oiseaux sont toujours chargés de symboles dans les chansons traditionnelles. L'allusion est on ne peut plus claire au cas présent. L'hirondelle, qui ne s'embarrasse ni des distances ni des frontières, représente la liberté. La phrase « ah, si j'étais une hirondelle » revient dans bon nombre de chansons pour exprimer l'éloignement d'avec l'être aimé. Quand au pigeon, sa fidélité et son caractère casanier conviennent beaucoup mieux à subir un enfermement, volontaire ou non.
Hirondelle ou pigeon ? À vous de choisir. Pour nous la décision est prise : nous n'avons jamais vu d'hirondelle finir entourée de petit pois et de salade. Vive la liberté !

interprètes : Annick Mousset et Françoise Bourse
source : Constance Crusson, de La Baule, enregistrée le 10 avril 1991 par Roland Brou, Robert Bouthillier et Pierre Guillard
catalogue P. Coirault : Le flambeau d’amour (Traverses – N° 01417)
catalogue C. Laforte : Le flambeau d’amour (II, A-10)

C’était une petite religieuse

C’était une petite religieuse tant amoureuse (bis)
Son père l’a fit mettre au couvent car elle aimait trop les amants

Un soir son amant vint la voir, c’était par gloire
Au jeu de cartes ils ont joué, cent écus d’or lui a gagnés (bis)

La bonne mère qu’est en fenêtre qui la voit faire (bis)
Mais vous sortirez du couvent car vous aimez trop les amants

Mais au couvent ma bonne mère je m’y plais guère
Car il y a assez longtemps que je suis renfermée dedans

Car si j’étais p’tite hirondelle que j’aurais des ailes
Je suis comme le pigeon blanc, toujours enfermé dedans.

Texte incomplet


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