mardi 24 septembre 2019

311 - La chanson excuse


Parmi les curiosités qu'on rencontre dans les collectes en voici une dont l'ancienneté n'est pas avérée et l'origine incertaine. Quelques couplets chantés pour dire qu'on ne va pas le faire, voilà qui ne manque pas d'intriguer. Le répertoire populaire réserve parfois ce genre de surprises, entre deux versions des trois canards et une chanson de bergère. Nous nous éloignons de notre répertoire habituel, mais c'est pour une bonne cause.
Ne vous êtes vous jamais trouvé pris au dépourvu au moment de chanter en public ? C'est exactement ce que suggère ce texte. Alors pour pallier à cet inconvénient, voici quelques couplets qui vous permettront de briller en société; extraits des collectes déposées à Dastum 44; c'est cadeau !
pour écouter la chanson et lire la suite


La recherche de chansons “anciennes” auprès de porteurs de traditions produit parfois des résultats inattendus. Pour beaucoup d'informateurs l'ancienneté d'une chanson se rapporte aux airs entendus dans leur jeunesse, qu'ils soient de tradition orale ou de facture récente. Là où nous cherchons les traces d'une société traditionnelle éteinte, nous récoltons aussi des Paimpolaise ou des Riquita. Celles ci ne sont pas pires que les affligeantes patoiseries, œuvres de lettrés pour qui la tradition est abordée avec l'esprit de Bécassine. Bref, avec notre chanson en forme d'excuse on joint au moins l'utile à l'agréable.

Cette chanson est unique dans les collectes effectuées dans notre secteur. Nous n'en avons pas trouvé trace non plus dans l'ensemble de la base Dastumedia. Le langage utilisé et la musique qui le supporte font penser à une composition du tournant du vingtième siècle. Cependant nous ne pouvons l'affirmer avec certitude. Si cette chanson est peu répandue c'est peut être signe d'une composition locale. Si vous pouvez nous éclairer à ce sujet nous vous en serons reconnaissant.
Le premier vers n'ayant pas été sauvegardé par l'enregistrement originel, nous en avons choisi un de façon arbitraire.

Interprète : Jean-Louis Auneau
source:  Madeleine Oheix, enregistrée en novembre 1992 au Gâvre (Loire-Atlantique) par Patrice et Laurence Maillard
NB: les paroles en italique, ne figurant pas dans l'enregistrement initial, ont été ajoutées par le chanteur.

Ici ce soir pour vous distraire
On m’a prié de dire une chanson
Et c’est volontiers que je cède
A votre aimable invitation
La bonne volonté doit suffire
En principe on doit accepter
Mais qu’est-ce que j’pourrais bien vous dire
Je ne vois pas c’que j’pourrais chanter

J’connaissais bien une chansonnette
Alors que j’étais tout enfant
Je la jouais bien sur ma clarinette
Et l’air était bien entraînant
Cette chanson pourrait vous distraire
Mais au moment d’la débiter
Les paroles manquent à mon affaire
Je n’peux donc pas vous la chanter

De toutes les chansons qu’on fabrique
Y’a pas souvent grand-chose de bon
C’est l’fond qui n’vaut pas la musique
Ou l’air qui n’vaut pas la chanson
Pour en trouver une parfaite
Il faudrait peut-être l’inventer
Mais celle-là n’est pas encore faite
Pour que je puisse vous la chanter

Ma mémoire est un peu rebelle
Mon répertoire est limité
Si bien que je n’saurais laquelle
J’pourrais chanter en société
Si j’avais une table d’inventaire
Ce s’rait commode à consulter
Y’en a même pas au dictionnaire
Je n’peux donc pas vous la chanter

Si en piochant dans le répertoire
Je trouvais quelque chose de bon
Pour satisfaire mon auditoire
Je la chanterais sur tous les tons
Oui mais voilà que ma mémoire
Se remet tout de suite à cafouiller
Alors j'ai fini mon histoire
Et ça va être à vous de chanter


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